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Dimanche 1 avril 2007

Bien qu'il soit forcément douloureux de devoir se justifier dans de pareilles circonstances, cela me semble nécessaire étant donnée la date du jour. Je le précise donc une bonne fois pour toute : ceci n'est pas un poisson d'avril. Pour faire court, La Bête a disparu. Cela fait cinq jours pleins que nous ne l'avons pas revu, alors qu'il ne s'était jamais absenté plus de 24 heures. Nous avons bien entendu effectué toutes les formalités nécessaires en un pareil cas (vétérinaires du coin, police municipale, fourrière, fichier national félin, affichettes dans la ville, etc.). A ce point des recherches, rien ne prouve qu'il soit mort ou qu'il ne reviendra pas un beau jour, mais – pour être honnête – nous sommes plutôt dans l'idée que nous ne le reverrons plus...

Je n'ai jamais souhaité utiliser ce blog pour raconter ma vie (et ce n'est pas aujourd'hui que ça commencera), mais sachez simplement que mon inquiétude et ma peine sont proportionnelles à la joie que m’a apportée La Bête au cours des trois dernières années. Ce week-end est donc, bien évidemment, un des plus pourris de ma vie. Je n'ai pas la moindre envie d'écrire mes chroniques – ni de faire quoi que ce soit de constructif d'ailleurs. Pour ne rien vous cacher, j'en arrive même à me poser des questions sur l'avenir de ce blog, La Bête en étant après tout le moteur principal (il n'y a qu'à comparer l’importance des différentes rubriques). Quelle que soit ma décision finale, j'ai en tout cas choisi de ne plus poster mes habituelles notes pour le moment.

Je sais que La Bête compte de véritables amis sur le web (dont un tas d’internautes ne l'ayant jamais rencontré en vrai). C'est pour vous que je me devais d’annoncer cette triste nouvelle, aussi pénible fut-elle à rédiger. Merci d'avance à tous ceux qui se sentiront concernés par sa disparition.

par Weird publié dans : La Bête
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Jeudi 29 mars 2007

Lorsque - comme moi - on ne dispose pas d'une importante quantité de briques, il est osé de vouloir s'attaquer à une grande construction. Ceci est ma première tentative de changement d'échelle, pour essayer de construire un "gros" bâtiment avec peu d'élements. Mais j'avoue ne pas être très satisfait du résultat. Qu'en pensez-vous ?

par Weird publié dans : Another brick
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Mardi 27 mars 2007
par Weird publié dans : La Bête
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Dimanche 25 mars 2007

A nouveau conscient de ne plus maîtriser la situation, je la repoussai brutalement. Qu’avait-elle donc en tête ? Pensait-elle me séduire et profiter de ma victoire sur ces terres ? La tenancière se déplaça autour de moi, sans me quitter des yeux. Son sourire ne me plaisait pas, et je compris qu’elle se rapprochait de la porte. « C’est moi qui ai la clef ! » lui lançai-je d’un ton provocateur. « Et vous pouvez la garder. » me répondit-elle, victorieuse. « Je ne veux pas fuir, mais vous bloquer toute retraite… ». Son audace me fit m’esclaffer : « Je crois que quelque chose t’échappe, petite… ». Ma phrase resta en suspens tandis que ma voix s’étranglait. Quelque chose venait d’exploser silencieusement à l’intérieur de mon crâne, m’empêchant de me concentrer. Je fis un pas dans sa direction mais, tel un ivrogne, ne réussis qu’à partir sur le côté. Luttant pour conserver mon équilibre, je tâchai d’atteindre le lit pour m’y asseoir. Quelques secondes plus tard, je m’étais effondré sur le sol de la chambre. Au bord de l’inconscience, je vis la femme s’approcher et s’accroupir près de mon visage. « Ne résistez pas… » murmura-t-elle avec une douceur inattendue, « … ça ira mieux tout à l’heure. ». Je tentai de rassembler mes esprits pour la foudroyer, mais l’effort me fit sombrer dans l’inconscience…

Lorsque mon cerveau se remit à fonctionner, j’étais à quatre pattes. La tenancière, quant à elle, me soutenait tout en me parlant à voix basse. Et je vomissais, sans pouvoir m’arrêter, une sorte de liquide sombre et répugnant. J’ignore combien de temps dura cette ignoble purge, mais je me fis la remarque que mon estomac n’était pas assez grand pour contenir une telle quantité. La femme, nullement dégoûtée par la situation, m’encourageait comme on parle à un malade. Mes spasmes finirent par s’espacer puis s’arrêter, et je sus… que j’avais enfin retrouvé ma vraie personnalité ! Elle m’aida à me relever et à m’asseoir sur le lit, en prenant garde de ne pas glisser sur ces infâmes souillures. Désignant le liquide à nos pieds, je lui demandai d’une voix cassée : « Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? ». Elle me saisit par le menton et plongea son regard dans le mien, à la manière d’un médecin. Satisfaite de son examen, elle répondit : « Et bien, pour faire court, disons que c’était la haine et la folie qui étaient en vous. Vous devez vous sentir vidé non ? ». Esquissant un faible sourire, je fis un mouvement circulaire de la main pour désigner le sol, avant de lui répondre : « On le serait à moins, non ? ».

L’heure qui suivit mon retour à la normale fut très pénible à vivre. Avec la raison, j’avais également recouvré le sentiment de culpabilité. Et je me souvenais de tout ce que j’avais pu dire ou faire au cours des dernières semaines. La tenancière me fut d’un immense secours, me forçant à parler pour lui raconter ce que je savais. Le fait de partager mes exactions me soulagea ainsi d’une grande partie de leur poids. Elle écouta avec le plus grand sérieux, complétant parfois mon récit par des informations que j’ignorais alors. Et elle fit surtout en sorte de me persuader que je n’étais pas responsable de ce qui s’était produit. Elle y réussit dans une certaine mesure, mais aujourd’hui encore je ne suis toujours pas entièrement convaincu. Bien que rien ne puisse confirmer ma théorie, je suspecte que le breuvage qu’on m’avait fait prendre n’ait finalement servi qu’à exagérer un sombre aspect de ma personnalité. J’espère simplement que j’ai pu l’évacuer en même temps que ce liquide, mais seul l’avenir me le dira… Quoi qu’il en soit, sa thérapie fonctionna et, bien que profondément bouleversé, je réussi à surmonter suffisamment mon remord pour avoir envie de réagir.

De son côté, la tenancière m’expliqua comment, à l’aide d’une poignée de haut-rêvants et de quelques habitants courageux, elle avait tenté de s’opposer à mes plans de conquête. Cette résistance avait peu à peu été réduite à néant, aussi avait-elle finalement décidé de changer de tactique. C’était de cela qu’elle parlait lors de sa soi-disant capture. Son but était effectivement de venir seule jusqu’ici et de réussir à s’isoler en ma présence. Sa grande connaissance des alcools et des plantes lui avait permis de préparer un antidote à mon intention. A l’approche du château, sachant qu’elle serait tôt ou tard repérée et fouillée, elle en avait copieusement enduit ses lèvres avant de se débarrasser du récipient dans la forêt. Il ne lui restait plus qu’à m’embrasser d’une manière ou d’une autre… Pour ne pas paraître suspecte, elle avait finalement réussi à me manipuler pour que ce soit moi qui provoque ce baiser salvateur. Impressionné par l’ingéniosité mais surtout le courage qu’avait nécessité un tel plan, je lui fit part de ma gratitude et de mon admiration. Elle me regarda d’une manière troublante, avant de faire cette réponse en demi-teinte : « J’avais d’abord envisagé de vous empoisonner une bonne fois pour toute. Mais j’ai fini par vous considérer comme une arme aux mains de nos ennemis… Je me suis donc dit que notre camp aurait besoin d’une telle arme. ».

Cet aveu me mit mal à l’aise, et j’eu l’impression de faire un bond dans le passé. Comme dans un flash-back, je me revis dans une autre tour de ce château, en compagnie de la Gardienne et du Maître (devais-je désormais continuer à l’appeler ainsi ?). Il avait alors pris l’apparence de cette dernière, soi-disant pour ne pas m’influencer, et tous deux avaient eu la même étrange attitude. Alors que chacun souhaitait que je l’aide à combattre son ennemi, ils m’avaient laissé le choix de rallier l’un ou l’autre camp. Après m’être rangé du mauvais côté, j’avais ensuite rejoins Gwennen, avant de la trahir à nouveau bien malgré moi (en repensant à mon attitude envers elle, j’eu d’ailleurs envie de quitter définitivement les hautes-terres du rêve). Et voici que, grâce à la tenancière, je me retrouvais à nouveau du côté de la harpiste ! Peut-être avait-elle raison, je n’étais sans doute qu’une sorte d’arme dans ce conflit. Chaque adversaire avait tenté de m’aiguiser, à travers cette initiation, afin de pouvoir m’utiliser contre l’autre. Ce sentiment de ne finalement rien contrôler, que ce fut de mes songes ou de mon destin, me peina profondément…

Estimant que j’étais d’attaque, la tenancière me tira heureusement de ces sombres pensées : « Cela fait déjà plusieurs heures que nous sommes enfermés dans cette pièce. Il est temps de sortir, et de profiter de cette position stratégique. ». Heureux de la voir prendre les choses en main, je lui affirmai mon souhait de corriger le mal que j’avais pu faire. Elle me jaugea quelques instant avant de poursuivre : « Je suis contente que vous soyez désireux de vous racheter, car si j’en crois votre récit, nous avons fort à faire. Je pense que le plus important est de délivrer tous ceux qui sont retenus ici, qu’il s’agisse de la Gardienne, de sa fille ou encore des malheureuses victimes de l’embaumeur. Et nous devons aussi détruire cet abominable atelier. Notre avantage réside évidemment dans le fait que les boggarts vous prennent encore pour leur chef. Il nous faudra malgré tout agir rapidement, car ils finiront tôt ou tard par ressentir votre peur. ». Surpris par ces propos, je l’interrompis : « Mais je ne ressens plus aucune peur en leur présence ; je sais que je peux les balayer d’une seule pensée ! ». « Justement pas… » répondit-elle, « … car l’antidote que je vous ai administré vous a fait perdre tous vos pouvoirs. ». La tenancière avait raison : à ce moment, n’importe qui aurait pu lire la peur sur mon visage.

par Weird publié dans : Chroniques
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Jeudi 22 mars 2007

300

Sous cette rubrique intitulée "cinéma", je vous parle la plupart du temps de home-cinema, ou plutôt de films que j'ai vus en DVD. Il m'arrive pourtant d'aller de temps en temps dans une salle obscure, comme cela vient d'être le cas avec le film "300". En fait, c'est pour ce genre de film que je me déplace encore parfois au ciné : pour me prendre une grosse claque visuelle et sonore ! Tout comme Sin City, "300" est l'adaptation d'une BD de Frank Miller que je n'ai pas lue. Je ne peux donc pas comparer le film à l’œuvre originale (ce qui n'est pas plus mal finalement). Par contre, je peux tout de même vous dire que ce film a bénéficié d'un traitement graphique et d'une mise en scène qui lui donne parfaitement l'air d'une bande dessinée.

Avant d'aller le voir, j'avais lu plusieurs critiques lui reprochant d'abuser des ralentis, trop présents tout au long du métrage. S'il est vrai que (à vue de nez) quasiment toutes les scènes n'étant pas des dialogues sont au ralenti, cela ne m'a aucunement gêné. J'irai même jusqu'à dire qu'il s'agit peut-être du film où cette technique est non seulement la mieux exploitée, mais aussi la plus justifiée. Lors des (nombreux et violents) combats, son utilisation nous permet enfin d'apprécier de magnifiques chorégraphies (oui, la guerre au cinéma ça peut être visuellement très beau !), là où la plupart des films d'action se contente d'un montage haché et d'une caméra parkinsonienne. Et lors des autres plans, on assiste avec bonheur à une sorte d'image semi-figée, animée ça et là par des détails (le vent dans une cape par exemple), pour un résultat vraiment proche de "l'arrêt sur image" que constitue une case de BD.

Des plans beaux comme des tableaux !


Sans jamais basculer dans le fantastique, ce film ne se veut en aucun cas réaliste, que ce soit dans les capacités physiques de ses héros où l'apparence difforme de certains méchants. Ca ne plaira donc sans doute pas à tous les spectateurs, mais je pense qu'il faut considérer cet aspect du film comme lié à sa narration. Il s’agit de l'histoire d'une poignée de grecs, racontée par l’un des leurs, faisant face à des milliers de barbares – dans le sens historique du terme. Les Spartiates sont donc idéalisés (pectoraux et abdos impeccables !), tandis que leurs ennemis sont littéralement monstrueux. Je crois que c'est tout simplement dans ce sens qu'il faut interpréter l'aspect physique des protagonistes.

Au final, j'ai donc vraiment bien apprécié "300", tant pour sa réalisation et son interprétation que pour l'avancée technologique et artistique qu'il représente pour le cinéma en général. Il y a des films qui font ainsi avancer les choses, et qu'on soit sensible ou pas à cette déferlante de testostérone, je pense que cette façon filmer est à la fois originale et réussie. A moins que vous soyez absolument allergique à la violence, ici sublimée graphiquement, je vous invite donc à aller le voir. Ce métrage est une réussite en lui-même, et laisse également présager de très bonnes choses pour l'avenir du 7ème art. Mon seul regret est qu'il soit finalement assez court : 2 heures très vite passées. Un péplum de cette envergure aurait facilement mérité une heure de plus ;-)

 

par Weird publié dans : Cinéma
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