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Jeudi 8 mars 2007

Avant de voir le premier Pirates des Caraïbes, je ne n'en attendais pas grand chose (un film tiré... d'un manège... d'un parc d'attraction ?). Cependant, l'idée d'une comédie d'aventure avec des pirates me semblait tout de même assez attrayante. Pour faire court, je dirai que je me suis franchement ennuyé au long de ces 2h20. Malgré un visuel (décors, costumes) des plus réjouissants et un Johnny Depp talentueux et décalé, la sauce n'a pas pris avec moi. Le scénario était inexistant, le film mal rythmé et plutôt lent, les scènes "d'action" manquaient de punch, et l'intrigue était très répétitive (on va dans la grotte... et puis on y va encore, tiens !). J'ai laissé passé un an avant de le revoir (oui, il m'arrive fréquemment de mater plusieurs fois des films que je n'aime pas, ça me donne la légitimité nécessaire pour les critiquer !). Et là même constat, tous ces défauts sont bien réels et pire, je n'avais plus l'agréable surprise de l'interprétation déjantée de Depp.

Succès oblige, on nous a donc pondu une suite que j'ai récemment louée au vidéoclub. Il semble que la prise de risque ne soit pas à l'ordre du jour, car ce second opus est en tous points semblable au premier ! D'un autre côté, les producteurs auraient tort de vouloir tenter autre chose vu le succès financier de l'opération. Je considère le second "Pirates des Caraïbes" comme la version longue du premier. C'est encore plus... long justement (2h40, une aberration pour une comédie familiale), encore plus ambitieux visuellement (hélas le kraken m'a plutôt fait pitié qu'autre chose), et encore plus creux ! Cette fois-ci les dialogues sont à la fois interminables, inintéressants, et même parfois incompréhensibles (quelqu'un peut-il m'expliquer clairement les motivations des multiples personnages principaux ?). Quant à la sensation de répétition des scènes, on la retrouve étrangement décuplée (on va dans le marais voir la sorcière... et puis on va encore dans le marais voir la sorcière. On dévale le paysage dans une cage circulaire.... et puis on dévale le paysage dans une roue de moulin.). Moi qui m'intéresse depuis toujours à la sensation de déjà-vu, j'avais l'impression de devenir dingue ! Quant à Johnny Depp... et bien il est désormais prisonnier de son rôle, obligé de s'auto-caricaturer jusqu'à l'écœurement. Je suggère au réalisateur de scanner son visage et de le remplacer par une image de synthèse pour la suite !


Au-delà de cet ennui profond, j'ai de plus la même (et très désagréable) sensation devant ces films que devant la nouvelle trilogie Star Wars : A savoir de ne pas regarder un film, mais une gigantesque publicité pour les produits dérivés. Tel personnage a-t-il une raison d'exister à l'écran, où est-ce juste un mannequin "en live" pour promouvoir les figurines qui accompagnent la sortie du film ? Telle scène d'action improbable a-t-elle un réel intérêt cinématographique, ou est-ce seulement la bande-annonce d'une des épreuves du jeu vidéo éponyme ? J'ai l'impression que le département marketing à d'abord réfléchi à tout ce qu'il pourrait vendre, avant de dire aux scénaristes : "Maintenant débrouillez-vous pour combler les vides entre ces scènes". Bref, je n'attend vraiment pas le troisième film qui doit sortir dans deux mois (mais je sais que je le verrai un jour, par curiosité). Et s'il me prend l'envie de revoir un film de pirates relativement récent, je me tournerai plutôt vers "L'île aux Pirates" de 1995 (film détesté par pas mal de monde et sixième pire banqueroute financière de toute l'histoire du cinéma !), qui a le mérite de me distraire, tout simplement :-D

 

par Weird publié dans : Cinéma
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Mardi 6 mars 2007
par Weird publié dans : La Bête
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Samedi 3 mars 2007

Ainsi donc, Gwennen avait finalement été capturée ? Je ne me souvenais plus vraiment des détails, mais il me semblait qu’elle avait pourtant réussi à m’échapper au Manoir de l’Absolu. Je m’apprêtai à la ramener au château lorsque… Je ne m’en rappelai plus. J’avais vaguement la sensation d’avoir été attaqué, mais par qui ? Instinctivement, je portai une main à mon front, et je ressentis une légère douleur, comme le souvenir d’une ancienne blessure. Peu importait ce qui ce fût passé, l’essentiel était qu’elle se trouva désormais sous les verrous. Le fait que le Maître me l’offrit prouvait qu’il était satisfait de mon travail, et que j’avais su me montrer digne de la confiance qu’il avait placée en moi. Qu’allais-je donc bien pouvoir faire de Gwennen ? J’avais l’intuition qu’il fallait que je l’exécute, mais puisqu’elle était à ma merci, pourquoi ne pas m’amuser un peu avec elle auparavant ? Je sentais confusément qu’elle représentait une menace, mais l’envie de l’humilier et de la terrifier l’emportait sur la prudence. Si jamais les choses commençaient à mal tourner, il serait toujours temps de m’en débarrasser... De manière lente et douloureuse... Peut-être en l’étranglant progressivement, pour que son agonie dure suffisamment…

Le boggart qui se trouvait à mes côtés toussota stupidement, me tirant de mes agréables pensées. Je reportai mon attention sur sa pitoyable face, aussi sèche et parcheminée que celle d’une momie. « Autre chose ? » aboyai-je à son attention. « Oui Seigneur. », me-répondit-il, « Avant de partir, le Maître a terminé l’atelier. Il a dit que vous en auriez la responsabilité, et qu’il espérait trouver de nouvelles troupes à son retour. ». « A-t-il dit quand il reviendrait ? » lui demandai-je. « Non Seigneur, mais nous avons déjà plusieurs recrues qui attendent. ». « Tout ceci est excellent. », lui répondis-je, satisfait de ces informations. « Conduis-moi à eux. ». Tandis que le boggart me guidait à travers les couloirs, s’orientant à l’aide du code que j’avais fait inscrire sur les portes, je me mis à penser à l’avenir. Les choses se déroulaient selon les plans que le Maître et moi avions mis en place. La gardienne et sa fille ne semblaient plus être un problème. Le château était sous notre contrôle, ainsi qu’une bonne partie des terres alentour. Avec un atelier fonctionnel sur place, nous allions pouvoir éviter ces lents transferts de troupes depuis la Forteresse. Dans peu de temps, le domaine tout entier m’appartiendrait, et nous pourrions passer à l’étape suivante. Mon choix n’était pas encore définitif, mais l’idée de m’attaquer à ce traître de Peintre me semblait séduisante.

Après plusieurs minutes de progression, nous arrivâmes à une vaste pièce située à l’arrière du château. Le Maître avait effectivement terminé de l’aménager car j’avais devant moi la réplique de l’atelier de sa Forteresse. Ce lieu m’avait fait une forte impression la première fois que j’y étais entré, et je ressentis un frisson d’excitation à l’idée de disposer de mon propre atelier. Celui-ci comportait pour l’instant six tables de pierre, mais la salle était suffisamment grande pour doubler ce chiffre à l’avenir. Distraitement, je congédiai le boggart qui m’avait servi de guide. Ce dernier obéit promptement, manifestement soulagé que mon intérêt se porta désormais sur les lieux. Entre les tables se dressait le matériel nécessaire au fonctionnement de l’atelier, complexe assemblage de mécanismes et de tuyaux. Et, parqués dans des cages dressées contre le mur gauche de la pièce, les recrues attendaient. Il y avait là une dizaine d’hommes d’apparence misérable, terrés au fond de leurs enclos. Bien que la plupart évita de me regarder, quelques-uns me fixaient avec une haine clairement affichée. Cela ne m’affecta en rien. Dans peu de temps, ils auraient oublié tout ressentiment à mon égard…

Dans le fond de la pièce, un rideau bougea et l’Embaumeur entra dans l’atelier. J’avais déjà eu affaire à lui à deux reprises, et sa présence m’avait toujours mis mal à l’aise. Physiquement, seuls sa taille et ses yeux le différenciaient des boggarts. Tandis que ces derniers mesuraient entre 1m40 et 1m70 pour les plus grands, l’Embaumeur me dépassait d’une bonne tête. Quant à ces yeux, au lieu des habituelles cavités obscures, ils pulsaient d’une désagréable lueur vert-jaune. Malgré mes questions, le Maître n’avait jamais voulu m’en dire plus sur sa nature ni son origine. Bien qu’il se fut toujours montré affable envers moi, j’avais le sentiment qu’il était trop conscient de son unicité. D’un autre côté, nous avions besoin de ses talents, et je ne voyais pas ce que j’aurai pu faire à part rester vigilant à son égard. Il vint se placer face à moi et me salua d’un étrange mouvement de ses bras trop maigres. « Alors… » lui demandai-je, « …est-ce que tout est prêt par ici ? ». « Oui Seigneur. » me répondit-il de sa voix lente. « Le Maître ayant achevé la construction de l’atelier, il m’a demandé de venir m’en occuper. J’attendais votre retour pour traiter les premières recrues. ». D’un ton plus insidieux, il poursuivit : « Vous avez d’ailleurs mis beaucoup de temps à revenir. Etes-vous sûr que tout va bien ? ».

Sa question m’agaça au plus haut point, mais je choisis de rester diplomate. « Un contretemps sans conséquence. » répondis-je pour clore le sujet. « Quoi qu’il en soit, je suis impatient de te voir à l’œuvre. Ces premiers boggarts seront les bienvenus pour remplacer nos pertes. ». « CE premier boggart. » corrigea l’Embaumeur, visiblement content de me contredire. « Je ne vais pas risquer de gâcher plusieurs recrues, alors que nous n’avons pas encore utilisé ce nouvel atelier. ». « D’accord, faisons sans tarder un premier test. » approuvai-je, énervé par son attitude et par ce délai imprévu. D’un pas vif, je vins me poster devant les cages. Maintenant qu’ils savaient que l’un d’entre eux allait servir de cobaye, même les prisonniers les plus agressifs tentaient de se faire oublier. Après m’être délecté de leur terreur, je déverrouillai d’un geste l’une des serrures. L’homme à l’intérieur poussa un glapissement effrayé, et empoigna les barreaux pour échapper à son destin. Les autres, à la fois angoissés et soulagés de n’avoir pas été choisis, le regardaient s’agiter. Rapidement, je l’arrachai à sa cage et l’obligeai à avancer en direction de la table la plus proche. Cette démonstration de ma capacité à le contrôler sans le toucher ne fit qu’augmenter la peur des prisonniers qui devint, pour mon plus grand bonheur, presque palpable.

Après avoir forcé l’homme à s’allonger, je le maintins dans cette position tandis que l’Embaumeur attachait solidement ses membres. Puis il commença à préparer son équipement, manipulant avec un plaisir évident sa machinerie. « Combien de temps pour celui-là ? » le questionnai-je. L’Embaumeur se saisit d’une énorme seringue remplit d’un liquide saumâtre avant de me répondre : « Trois jours environ, mais ce temps sera réduit de moitié par la suite lorsque les machines seront rodées ». « Très bien. » répondis-je, « Fais-moi prévenir à ce moment-là, ou immédiatement si tu rencontres le moindre problème. ». Mon interlocuteur approuva de sa tête desséchée, avant de plonger son aiguille dans le cou de la recrue. Pleinement satisfait, je laissai l’Embaumeur à son travail et quittai l’atelier. Dans trois jours maintenant, le premier boggart créé au château serait disponible. La production pourrait ensuite démarrer, et je me retrouverai bientôt à la tête d’une armée entièrement dévouée à ma cause. C’est avec la satisfaction du travail bien fait que je pris la direction du sous-sol. J’avais hâte de fêter la mise en œuvre de l’atelier, et je me délectai à l’avance de retrouver Gwennen…

par Weird publié dans : Chroniques
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Jeudi 1 mars 2007
par Weird publié dans : La Bête
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Mardi 27 février 2007

Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais pas présenté un petit jeu de société sympa. Voici donc ma dernière acquisition : Fairy Tale. Comme son nom ne l'indique pas, il s'agit de l'adaptation française d'un jeu de cartes japonais ! Bien que son thème et certains de ses mécanismes puissent faire penser à un jeu de cartes à collectionner (de type "Magic"), ce n'est pas le cas ici. Il s'agit d'un jeu complet, pour 2 à 5 joueurs, que vous pourrez vous procurer pour 20 euros en tout et pour tout. Une partie se déroule en un nombre défini de tours, alternant phases de sélection et de jeu.

- Phase de sélection : A partir d’une main distribuée au hasard, chaque joueur va choisir une carte, passer celles restantes à son voisin de table, et récupérer celles de son autre voisin. En procédant de la sorte 5 fois de suite, chaque joueur aura ainsi sélectionné 5 cartes, et aura une petite connaissance de celles que ses voisins possèdent.

- Phase de jeu : Il s'agit maintenant de jouer 3 des 5 cartes que l'on a précédemment sélectionnées. Une majorité ne dispose que d'une valeur et d'une famille, mais certaines ont des effets sur les cartes déjà jouées. Au terme de cette phase, les 2 cartes non utilisées sont simplement défaussées.

La richesse de Fairy Tale provient du grand nombre de tactiques possibles pour gagner : accumuler des points à l'aide de cartes "simples", miser sur une combinaison difficile à réaliser mais qui rapportera plus à terme, tenter de pourrir le jeu des autres, etc. Le fait de construire sa main puis de ne jouer que 3 cartes sur 5 permet de pallier le hasard de la distribution et de contrecarrer les stratégies des autres joueurs. On en arrive ainsi à sélectionner des cartes qui ne seront jamais jouées, juste pour que les adversaires ne puissent pas en profiter !

Au final, Fairy Tale est un jeu rapide à apprendre, mais qui me semble très riche. Après une partie (qui dure environ 30 minutes), on a envie d'en refaire une autre pour tenter une tactique différente. Son seul défaut serait peut-être son thème assez artificiel. En effet, et malgré les superbes illustrations, je n'ai pas vraiment l’impression de manipuler des fées ou des dragons, mais plutôt des cartes ayant des valeurs et des effets... A part ça, la mécanique est parfaitement huilée, aussi je me permet de vous le recommander :-)

par Weird publié dans : Zoom
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