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Jour après jour

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Dimanche 25 février 2007

Une nuit, sans aucun signe avant-coureur, je basculai en effet dans les contrées du rêve. Je m’étais pourtant endormi comme les soirs précédents, sans espoir particulier. Cependant, à mon réveil, je sus avant même d’ouvrir les yeux que j’étais de retour sur la Lune. A demi-conscient, je profitai des derniers instants de mon sommeil tout en savourant la situation. Sans pouvoir me l’expliquer, je me sentais parfaitement détendu, comme si rien de déplaisant n’avait pu m’arriver. Les hautes-terres recelaient pourtant leur lot de danger, mais j’avais le sentiment d’être au-dessus de tout cela. C’est sur cette pensée agréable que je finis par me réveiller complètement. J’étais allongé dans un lit moelleux, au sein d’une somptueuse et vaste chambre. Bien que je ne pus identifier ce lieu, il me semblait familier, comme si j’y étais déjà venu de nombreuses fois auparavant. Repoussant les couvertures, je constatai que, pour la seconde fois, j’étais arrivé nu en ces contrées. Des vêtements luxueux, mais assurément à ma taille, reposaient sur une chaise. Je les passai et me dirigeai vers la porte.

J’allai l’ouvrir lorsque je fus soudainement envahi par le doute. Ce n’était pas de l’inquiétude, mais plutôt une brusque envie de comprendre. Je connaissais cette chambre sans pour autant m’en souvenir, ces vêtements princiers m’allaient parfaitement, et j’allai sortir sereinement sans même savoir ce qui se trouverait derrière la porte. Une idée me traversa l’esprit : « Et si un boggart se trouvait juste derrière ? », aussitôt suivie d’une autre : « Et quand bien même ? ». C’était un sentiment bien difficile à décrire : j’étais à la fois conscient d’agir peu prudemment, et tellement sûr de moi que je n’arrivais pas à me raisonner pour autant. Je me retournai brusquement, examinant la pièce avec la sensation d’oublier quelque chose, jusqu’à ce que mon regard se pose sur la carafe…

Je fis aussitôt demi-tour et me servis un verre du breuvage qu’elle contenait. Le vidant d’un trait, je sentis avec délectation le cognac glisser dans ma gorge, puis aller se loger dans mon estomac. Une intense chaleur explosa dans mon ventre, puis remonta jusqu’à mon cerveau comme une vague de plaisir. J’avais enfin les idées claires ! Légèrement agacé par mes précédentes hésitations, je secouai la tête et fis jouer la poignée de la porte. Celle-ci s’ouvrit sur un large couloir qui desservait de nombreuses autres pièces. Si l’architecture des lieux m’était aussi familière que celle de ma chambre, je reconnus avec certitude le château de la Harpiste. Mais ce qui attira surtout mon attention fut évidemment le boggart qui se trouvait là.

Posté sur une chaise quelques mètres plus loin, il avait bondi sur ses pieds lorsque j’avais ouvert la porte. Cet idiot bougeait si maladroitement qu’il en était presque comique. Il trottina sur ses courtes jambes et vint se planter devant moi, en une espèce de grotesque garde-à-vous. Je ressentis à son égard une légère répulsion mêlée de mépris, et l’idée que je pourrai le terrasser sans difficulté me fit sourire. Levant son visage parcheminé et immobile vers moi, il demanda d’une voix servile : « Vous êtes enfin de retour, Seigneur ? ». Posant des yeux méprisants sur lui, je lui répondis d’un ton glacial : « A ton avis, cloporte ? ». Le gnome eut un léger mouvement de recul, et ses manières craintives m’agacèrent tellement que j’eu la soudaine envie de mettre fin à sa misérable existence. Il dut le lire sur mon visage, car il choisit de reculer de quelques pas et de baisser la tête en signe de soumission. Bien lui en prit, car je n’étais pas vraiment d’humeur à supporter une quelconque insubordination.

Je me mis à marcher d’un pas vif dans le couloir, tant pour le plaisir de sentir onduler ma cape que pour obliger le boggart à courir pour me suivre. Tout en restant à une distance qu’il estimait raisonnable, il me tint au courant des dernières nouvelles. « Le Maître est repartit à la Forteresse depuis plusieurs jours maintenant. Mais ne vous inquiétez pas, tout à été fait selon ses ordres. Nous avons terminé l’exploration du château, et toutes les pièces vous sont désormais accessibles. ». Avec une pointe de fierté, il ajouta, « Seule une vingtaine d’entre nous ont péris en désamorçant les derniers pièges de la sorcière. ». Je fis un rapide calcul, et estimai qu’il s’agissait effectivement d’un chiffre acceptable. « Et avec elle ? », lui demandai-je, « Où en sommes-nous ? ». Le boggart, à moitié empêtré dans son manteau, trébucha avant de me répondre : « Le Maître m’a personnellement demandé d’attendre votre retour, pour vous donner des ordres précis. ». A ces mots, mon sang ne fis qu’un tour, et je projetai mentalement le gnome contre le mur le plus proche. « Pardonnez-moi Sss… Seigneur ! » supplia-t-il d’une voix sifflante, « Je voulais parler d’ordres venant du Maître. Jamais je… je n’aurai osé vous donner… ». Je le laissai retomber sur le sol, à la fois satisfait et exaspéré par ses excuses.

« Parle », lui ordonnai-je, « Quelles instructions m’a-t-il laissées ? ». Le boggart se releva péniblement et poursuivit : « Il a dit que vous ne deviez pas approcher la sorcière, car il n’en avait pas finit avec elle. ». Je pris bonne note de cette information… A vrai dire, cet ordre ne me gênait pas du tout, au contraire. Moins je verrai cette maudite musicienne, mieux je me porterai. « Quoi d’autre ? » crachai-je au visage du boggart. « Il m’a aussi dit de vous rappeler de ne pas oublier votre breuvage. Il faut que vous en buviez au moins… ». « Je sais tout cela par cœur ! » l’interrompis-je, agacé. « Ne t’a-t-il donc rien dit d’important, qui justifie que je te laisse en vie malgré ton insolence ? ». Le gnome sembla – si c’était encore possible – se tasser un peu plus sur lui-même tandis qu’il cherchait une réponse. « La fille ! » glapit-il soudainement. « La fille est ici, dans une cellule ! Et le Maître a dit que vous pouvez en faire ce que vous voulez. ». Ma colère retomba aussitôt, pour laisser la place à une satisfaction perverse. Enfin une bonne nouvelle ! La nuit risquait finalement d’être intéressante…

par Weird publié dans : Chroniques
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Vendredi 23 février 2007
par Weird publié dans : La Bête
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Mercredi 21 février 2007

Hello ! Il y a trois mois environ, lorsque ma chère et tendre a décidé de créer son site web, nous avions comme idée d'y faire figurer une petite mascotte. Son rôle aurait été d'illustrer les différentes rubriques et de refléter des opinions sur les oeuvres critiquées. Mais, étant donné que nous ne sommes pas des dessinateurs, nous avions laissé tomber cette idée. Tout à changé depuis quelques jours, grâce à un outil fort sympathique que nous avons découvert sur le web. Originellement destiné à créer des avatars pour les forums ou les tchats, nous l'avons utilisé pour dessiner la mascotte dont nous rêvions. Du coup, j'en ai profité pour relooker également mon blog, avec un nouveau titre et deux têtes marrantes qui pointent sur nos sites respectifs (ceux qui me connaissent dans la vraie vie, trouvez-vous que mon avatar me ressemble ?). N'hésitez pas à aller voir ce petit programme en tout cas, et amusez-vous également à vous caricaturer :-D

par Weird publié dans : Blog
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Lundi 19 février 2007

Je vais vous solliciter pour un petit sondage aujourd’hui ! Sur mon site weird, une des rubriques pour laquelle je vous annonce de temps en temps une mise à jour (comme aujourd’hui par exemple !) est consacrée à la littérature interactive. Il s’agit d’un mode d’expression qui me fascine, à mi-chemin entre le roman traditionnel et le jeu. En deux mots, imaginez un texte proposant de nombreuses alternatives que le lecteur lira – ou pas – en fonction de ses choix. Ce genre peu répandu a connu son heure de gloire en France dans les années 80, avec la série pour la jeunesse des « livres dont vous êtes le héros ». Mes deux questions sont les suivantes :

1) Connaissez-vous ce concept littéraire (avez-vous déjà lu un tel livre par exemple) ?

2) Appréciez-vous ce concept (ou si vous ne le connaissez pas, cela vous semble-t-il intéressant, en tant que lecteur, de pouvoir agir sur le scénario d'un roman) ?

Merci d’avance de vos réponses, et n’hésitez pas à vous rendre sur mon site si vous voulez en savoir plus sur le sujet (j'en parle plus en détail et je vous y propose un petit exemple pour bien comprendre comment ça fonctionne) ;-)

par Weird publié dans : Blog
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Samedi 17 février 2007

Saleté de chat ! Lui qui reste toujours tranquille pendant la nuit, pourquoi venait-il donc de me sauter dessus ? Le cœur battant, je m’assis dans mon lit, pestant intérieurement contre mon félin domestique. Non content de dormir toute la journée, il n’avait manifestement aucun scrupule à me réveiller en pleine nuit… Le bruit de ses petites pattes sur le parquet de la chambre m’indiqua qu’il était en train de quitter la pièce, le fourbe ! Enervé, je passai une main sur mon front couvert de sueur. En plus de m’avoir tiré de mon sommeil, il m’avait fichu une peur bleue ! Tout en attendant que mes pulsations cardiaques se calment, je jetai un coup d’œil vers le réveil-radio. La nuit n’était pas bien avancée, et j’aurai au moins la satisfaction de pouvoir dormir plusieurs heures… si seulement je me rendormais ! Hélas, j’étais non seulement parfaitement réveillé (ce qui était compréhensible) mais également soûlé, comme après un trop long sommeil. Après avoir hésité quelques minutes, je me levai, passai mes vêtements et gagnai la cuisine.

Etonnement, ces quelques mètres parcourus dans le couloir furent particulièrement pénibles. J’avais les jambes ankylosées, et je faillis perdre l’équilibre à deux reprises tellement ma tête tournait. J’allumai la lumière mais regrettai aussitôt mon geste, car ce brutal changement d’éclairage me provoqua un mal de crâne instantané. Tâchant de limiter les dégâts, je m’assis et demeurais sans bouger pendant une bonne dizaine de minutes. Ce fut d’ailleurs moins les symptômes physiques que mon désordre mental qui me poussa à rester ainsi immobile. En fait, pendant tout ce temps, j’essayais en vain de me remémorer ce qui se passait. Je n’arrivais à me souvenir d’aucun élément de la journée précédente, ni même à déterminer la date du jour. Aurai-je à me lever dans quelques heures pour aller au boulot, ou était-ce le week-end ? Je n’en avais pas la moindre idée… J’étais dans cet état léthargique lorsque mon chat se manifesta à nouveau en bondissant sur la table. Je sursautai de surprise, et cette nouvelle frayeur eu l’effet d’un électrochoc. Je me souvins tout à coup du dernier croquis du peintre, celui qui représentait une pièce confortable ! Je l’avais soigneusement étudié quelques heures auparavant, et j’étais allé me coucher en espérant rejoindre le lieu de mon initiation. Mais ensuite ?

Ensuite rien, et ce jusqu’à mon réveil brutal. Assurément, je n’avais donc pas réussi à rejoindre les hautes-terres du rêve. Par contre, rien n’expliquait cette amnésie temporaire, ni le malaise physique qui l’accompagnait. Après avoir caressé le petit fauve, qui me fit part de sa satisfaction par des ronronnements sonores, je sentis le besoin de me rafraîchir. Je gagnai donc la salle de bain et, encore chancelant, ouvris le robinet du lavabo. L’eau fraîche, passée sur mon visage, me fit un bien fou. Relevant la tête, je fis face à mon reflet dans le miroir et encaissai alors un nouveau choc. Je m’étais attendu à contempler un visage reflétant mes symptômes – yeux cernés et pâleur nauséeuse – mais ma stupéfaction avait une autre origine. Alors que je m’étais couché relativement bien rasé quelques heures plus tôt, je me retrouvai avec une moustache et une barbe de plusieurs semaines ! Etait-ce à nouveau ma mémoire qui me jouait des tours ? Un examen de mes cheveux confirma cet inexplicable phénomène : eux aussi avaient sensiblement poussé pendant mon sommeil…

Me détournant du miroir, je m’assis sur le bord de la baignoire et me mis à réfléchir à la situation. Quelle qu’en fut son origine, ce prodige capillaire était forcément lié, d’une manière ou d’une autre, aux contrées du rêve. Si seulement j’avais pu me souvenir de quelque chose ! Je me représentai bien la façon dont je m’étais couché, ainsi que la difficulté que j’avais eu à m’endormir… L’image fugitive d’un feu violent me traversa l’esprit. Etait-ce une cheminée, ou un brasier plus important, un incendie peut-être ? Ce souvenir disparut hélas, tandis que je tentai de me concentrer dessus. Si ma mémoire continuait à me jouer des tours, je sentis que mon état de santé s’améliorait doucement. Je devais être réveillé depuis moins d’une demi-heure, et j’avais l’impression de reprendre vie au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient. Résolu à comprendre ce qui avait bien pu se produire, je revins face au miroir pour examiner mon visage en détail. Je finis par trouver un nouvel élément qui me laissa aussi perplexe que ma pilosité… J’avais sur le front une cicatrice que je ne me connaissais pas !

Très fine, elle était quasiment invisible et ne pouvait être repérée qu’en étant particulièrement attentif. En fait, je ne la voyais que sous un certain angle, lorsque la lumière la dessinait. Verticale, elle barrait la partie droite de mon front, depuis mes cheveux jusqu’à mon sourcil. D’où pouvait-elle donc provenir, et de quand ? Elle n’avait en aucun cas l’apparence d’une blessure récente. Pourtant, malgré sa discrétion, j’aurai forcément dû la connaître si elle avait été ancienne. De plus en plus troublé, je continuais à examiner mon visage, comme si la solution de cette énigme avait pu s’inscrire sur ma peau. Hélas (ou heureusement ?), à part un regard un peu trop fiévreux à mon goût, je ne découvris aucune autre altération de mon apparence. J’en arrivai à la conclusion – peu satisfaisante mais sans autre alternative – que j’avais vécu une sorte de décalage temporel… Je n’avais dormi que quelques heures, mais un temps nettement plus important semblait s’être écoulé. Pendant cette période, je m’étais blessé au front, la coupure avait cicatrisé et mes cheveux avaient poussé. Ca ne voulait absolument rien dire, mais les faits étaient là.

La tête pleine de questions, je finis par aller me recoucher et attendis le matin sans réussir à me rendormir. Je me rasai de manière à éviter d’attirer l’attention, et constatai qu’une fois ordonnés et attachés comme à leur habitude, la pousse de mes cheveux n’était pas flagrante. Je me rendis donc au bureau comme si de rien n’était, et les remarques qu’on me fit ne portèrent que sur ma mauvaise mine. Plusieurs jours s’écoulèrent sans que quiconque évoque ma cicatrice ni que j’arrive à rejoindre les hautes-terres du rêve. Je mis toute ma maison sans dessus-dessous pour retrouver le coffret, mais lui et ses croquis semblaient avoir disparus pendant cette fameuse nuit. De plus en plus troublé, je ne cessais de m’inquiéter pour Gwennen. Cela faisait une bonne quinzaine de jours que je l’avais laissée sur le bateau. Guidés par la boussole que j’avais activée, le marin et elle devaient avoir rejoint l’île depuis longtemps. Mon état de santé s’améliora lentement, comme à la suite d’une méchante intoxication alimentaire. Plus d’une semaine après cette étrange nuit, j’avais repris la routine peu exaltante du monde de l’éveil. C’est alors que les choses changèrent dramatiquement, et que la frontière entre les deux mondes s’effaça à nouveau…

par Weird publié dans : Chroniques
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