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Jour après jour

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Mardi 28 février 2006

Il semble que j’ai pris l’habitude de commencer chaque nouveau tome de mes chroniques par un paragraphe où je fais le point sur mes écrits. Cette fois encore, je vais respecter cette tradition. Cela fait maintenant plus d’un an que j’ai commencé à vous relater mes expériences oniriques. Je peux aujourd’hui vous avouer qu’à l’époque, je ne pensais pas que cette aventure durerait aussi longtemps. Tout d’abord, je ne savais évidemment pas que ces étranges rêves deviendraient récurrents et se prolongeraient dans le monde de l’éveil. Mais surtout, je ne me doutais pas que vous y trouveriez un intérêt suffisant pour continuer à me lire. Laissez-moi donc tous vous remercier de votre fidélité et, sans plus tarder maintenant, vous narrer la suite des faits incroyables dont j’ai été le témoin…

A peine quelques heures après m’être réveillé et avoir constaté la disparition de Gwennen, ma détermination avait déjà laissé la place à la perplexité la plus totale. Si je souhaitais toujours autant mettre un terme aux agissements du Visiteur, la manière dont j’allais m’y prendre restait nettement plus obscure. Epuisés par nos épreuves respectives, nous nous étions endormis sans mettre en place la moindre stratégie. Gwennen était sûrement retournée au Manoir de l’Absolu, tandis que je me retrouvais à nouveau dans le monde de l’éveil. Et jusqu’à preuve du contraire, le bannissement qui pesait sur moi était toujours d’actualité, m’empêchant de la suivre dans le domaine de sa mère. Le seul moyen de rejoindre les contrées du rêve restait donc – à ma connaissance – de repasser par la Croisée des mondes, d’où je devrai ensuite me débrouiller pour la retrouver. Mes congés d’été touchaient à leur fin, et j’étais déterminé à en profiter pour repartir sur la Lune avant de retourner au bureau.

C’est pour cette raison – et j’avoue ne pas en être particulièrement fier – que je passais les deux jours suivants à me soûler. Je vous fais grâce d’une description détaillée et pénible (surtout pour moi) de ces quarante-huit heures d’ivresse volontaire. Je ne sortis de mon domicile qu’une seule fois, pour aller acheter plusieurs bouteilles l’alcool. Mon désir de repasser dans les contrées du rêve était tel que je finis par tester des mélanges qui n’eurent pour seul effet que de me rendre malade. A plusieurs reprises, je sombrai dans un sommeil éthylique et fiévreux, mais je ne me réveillai pas une seule fois dans l’auberge que j’espérais atteindre. Les visions qui m’assaillaient pendant ces périodes de sommeil n’étaient que des cauchemars fébriles dus à la boisson et non une l’expérience de haut-rêve à laquelle j’aspirais.

Une pensée me traversa alors l’esprit, avec une telle acuité que j’eus du mal à m’en débarrasser par la suite. Et si la Croisée des mondes n’existait plus ? Tel que je le connaissais, le Visiteur aurait tout à fait été capable d’y mettre le feu, juste pour se défouler après ma soudaine disparition. Si c’était le cas, boire ainsi ne me mènerait à rien de bon. Comme il ne me restait plus d’un week-end avant de reprendre le travail, je décidais finalement d’abandonner pour le moment. Désireux de passer ces deux derniers jours de repos loin de toute tentation, je téléphonais à mes parents pour leur annoncer mon désir de passer le week-end chez eux…

Ce fut le samedi matin, alors que j’étais dans un train me menant chez eux, que mon existence bascula à nouveau dans le surnaturel. Il devait rester environ une demi-heure de voyage, et je m’étais assoupi, tant bercé par le rythme du chemin de fer que fatigué par mes tentatives des deux jours précédents. Je fus tiré de ce sommeil réparateur par un homme qui vint s’asseoir sur la banquette juste en face de moi, et qui heurta légèrement mon genou dans la manœuvre. Ouvrant les yeux, je découvrit qu’il s’agissait d’un clochard à l’apparence étrange. Son vieux manteau sale et la forte odeur de vinasse qui l’accompagnait n’avaient rien d’exceptionnels, mais son visage attira mon attention. Il avait les cheveux et les sourcils blancs, et ce regard difficile à soutenir qu’ont les albinos. J’aurai été incapable de lui donner un âge, on aurait dit que la misère dans laquelle il semblait vivre l’avait prématurément vieilli. Jetant un coup d’œil alentours, je me rendis compte que nous étions les deux seuls passagers de la voiture. Décidément, j’avais le chic pour m’attirer de nouveaux amis… Je m’apprêtais à me lever pour échapper à sa puanteur qui commençait à me donner la nausée, lorsque l’homme m’adressa la parole.

« Tu ne devrais pas boire autant. » me dit-il en me regardant droit dans les yeux. Amusé par le paradoxe de la situation, j’interrompis mon mouvement pour lui répondre : « Et c’est vous qui me dites ça ? ». Il me considéra d’un air intéressé avant de répliquer : « J’ai mes raisons. ». Du tac au tac, j’ajoutai : « Oui ? Et bien moi aussi si vous voulez savoir. ». L’albinos pivota d’un quart de tour, allongeant ses jambes sur la banquette, avant de continuer : « Peut-être, mais ça ne sert à rien d’insister comme ça. ». Mon attitude envers cet homme changea alors du tout au tout. Je ne l’avais peut-être pas considéré comme ce qu’il était réellement, et ses paroles étaient étrangement précises pour un inconnu. Etait-ce mon imagination qui brodait sur quelques mots lancés au hasard, ou est-ce que ce type savait de quoi (et à qui) il parlait ? Pour déterminer s’il s’agissait ou non d’une coïncidence, je décidais de poursuivre la discussion…

« Et que me conseillez-vous de faire ? » lui demandai-je. Sûr d’avoir désormais toute mon attention, l’homme cessa de me regarder, s’allongea encore plus confortablement, et ferma les yeux avant de me répondre : « Tu pourras taper à la porte autant que tu voudras, mais le bar est fermé pour le moment. Enfin… » précisa-t-il avec un sourire, «… en ce qui te concerne. ». « Vous voulez dire qu’il reste ouvert pour les autres… hum… clients ? ». « Ouais… mais pour leur sécurité, la patronne ne veut pas de toi dans son établissement pour le moment. ». J’accueillis cette information avec soulagement. Si l’homme parlait bien de la Croisée des mondes (et je ne voyais pas comment il aurait pu en être autrement), cela prouvait que le Visiteur ne l’avait finalement pas réduite en cendres. D’un autre côté, cela signifiait qu’après le manoir, j’étais à nouveau banni d’un autre point de passage entre les deux mondes ! Je repris la parole : « Cette interdiction est-elle définitive ? ». « Non, et c’est ce que je suis venu te dire. La patronne t’attendra à la prochaine nouvelle lune. ».

Un autre train croisa alors le mien en klaxonnant, et ce bruit soudain me fit sursauter. La banquette en face de moi était vide, bien évidemment. Avais-je rêvé cette rencontre ? Sans doute, mais si ce mystérieux poivrot était bien un haut-rêvant, cela n’y changeait pas grand chose. N’ayant pas d’autre piste, je décidais de lui faire confiance. Il me faudrait donc attendre un mois avant d’espérer savoir comment toute cette histoire allait se décanter…

par Weird publié dans : Chroniques
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Samedi 25 février 2006

par Weird publié dans : La Bête
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Mercredi 22 février 2006

J'inaugure cette nouvelle rubrique avec Fjorde, un petit jeu de société que j'aime beaucoup en ce  moment. Il se joue uniquement à deux, et une partie (environ un quart d'heure) se compose de deux phases :

-Lors de la première (découverte de l'île), les joueurs vont composer le plateau de jeu. Pour cela, ils doivent alternativement poser des tuiles de terrain hexagonales en respectant la continuité du paysage. S'il le désire, un joueur qui vient de poser une nouvelle tuile peut la revendiquer en y déposant une hutte de sa couleur (4 huttes par joueurs). Le jeu est ainsi toujours renouvelé, car le paysage et la position des huttes sont différents à chaque partie.

- Lors de la seconde (colonisation), les joueurs vont prendre possession de terres vierges en y déposant des marqueurs de leur couleur. La règle à respecter est que chaque marqueur doit être posé sur une tuile adjacente à une hutte ou un marqueur du même joueur déjà en place. La position des huttes est donc déterminante, et - sauf en cas de faute d'attention - il y a rarement de retournement de situation pendant cette partie du jeu. A l'issue de cette seconde phase, le joueur ayant le plus de marqueurs sur le terrain gagne la partie.

Ce jeu plutôt light fait penser à son aîné Carcassonne pour la première phase et au Go pour la seconde. Il n'est pas exempt de petits défauts (par exemple, l'obligation de poser une tuile dont la configuration favorisera l'autre joueur pourra en agacer certains !), mais rien qui puisse personnellement gâcher mon plaisir. Je trouve que Fjorde est un bon jeu de placements dont la courte durée permet de jouer lorsqu'on n'a que peu de temps, ou à l'inverse d'enchaîner plusieurs manches. Les scores sont souvent serrés et on ne gagne que grâce à quelques points d'écart, ce qui ménage généralement un bon suspens. De plus, le matériel est très agréable à utiliser, et les paysages ainsi créés sont toujours beaux et cohérents.

J'espère que cette note vous donnera envie d'y jouer. N'hésitez pas à me poser des questions si vous souhaitez des précisions sur ce jeu :-)

par Weird publié dans : Zoom
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Lundi 20 février 2006

Ici, c’est comme au cinéma ! Voici donc la bande-annonce de deux nouvelles notes que vous pourrez bientôt lire sur cette page… 

 

1) Je démarrerai cette semaine une nouvelle rubrique appelée Zoom. Elle me servira à vous présenter de temps en temps quelque chose qui me plait bien (ou pourquoi pas, qui ne me plait pas du tout). Cela pourra être un film, un livre, ou n’importe quoi en fonction de mon actualité. J’espère que ces petites présentations critiques vous intéresseront… 

 

2) Je vous annonce avec grand plaisir qu’avant la fin de ce mois, je rédigerai et posterai sous ma rubrique « Chroniques » le premier chapitre du quatrième tome de mes voyages oniriques. Allez, histoire que ce soit une vraie bande-annonce, voici en exclusivité le nom de ce quatrième épisode : L’initiation. J’espère que vous le trouverez aussi excitant à lire qu’il m’a été de le vivre (ou de le rêver, ce qui revient au même). 

 

A très bientôt donc :-)

par Weird publié dans : Blog
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Vendredi 17 février 2006

Nouveau venu sur over-blog, j'ai récemment découvert dans la page de statistiques de mon blog un mystérieux chiffre, le "blog-rank"...

L'aide en ligne précise, je cite, qu'il s'agit "d'un indice de qualité calculé chaque nuit à partir d’un grand nombre de critères et d’un algorithme complexe. Il varie entre 0 et 100, et traduit l’activité du blog, ainsi que l’intérêt qu’y portent les internautes qui le visitent.". Vient ensuite une liste d'une dizaine de paramètres entrants dans le calcul de l'indice, sans préciser dans quelles proportions (mystère mystérieux oblige). Le texte se termine par "Bien évidemment nous ne donnons pas l’algorithme précis pour éviter les abus. Notre méthode de calcul est d’ailleurs mise à jour régulièrement pour améliorer sa pertinence".

 

Tout ceci ne pouvait qu'éveiller la curiosité de l'aventurier cryptographique que je suis ! J'ai donc décidé de relever quotidiennement mon blog-rank, et de le comparer à l'évolution de mon blog (mise en ligne ou non d'une nouvelle note, nombre de visites, etc.) pour tenter de découvrir l'algorithme secret. Voici donc mes relevés depuis un peu plus d'une semaine.

 

- Le 09/02 : blog-rank =  1

- Le 10/02 : blog-rank =  6

- Le 11/02 : blog-rank = 11

- Le 12/02 : blog-rank = 16

- Le 13/02 : blog-rank = 21

- Le 14/02 : blog-rank = 26

- Le 15/02 : blog-rank = 31

- Le 16/02 : blog-rank = 36

Que de mystère, que de complexité dans cette formule secrète ! Combien d'années seront nécessaires à des milliers de supercalculateurs travaillant en parallèle pour enfin casser cet algorithme si complexe ? Prenant tous les risques, je vous livre ce secret maintenant :

blog-rank du jour = blog-rank de la veille + 5

Oups, je n’aurai pas dû, maintenant ils vont sûrement envoyer des tueurs pour me faire taire...

par Weird publié dans : Blog
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