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Vendredi 29 septembre 2006

Ceci est le deuxième article d’une série de trois, que je désire consacrer à la médiocrité répétitive de certains professionnels du cinéma. Après les acteurs la semaine dernière, je m’attaque cette fois-ci aux scénaristes. Je me demande souvent pourquoi des scènes ou des situations, absolument nulles au demeurant, se retrouvent si fréquemment d’un film sur l’autre. Est-ce une conspiration pour nous lobotomiser ? Allez hop, pour faire comme la dernière fois, voici quatre exemples qui me reviennent à l’esprit sans trop faire d’efforts :

Les chats : Pour les scénaristes, il y a deux types de chats. Les premiers sont des chats plutôt sympas, que l’on va voir deux fois dans le film. Tout d’abord comme ça, histoire de dire qu’ils font partie de la maison, du quotidien. Hélas la fois suivante, ils seront morts, tués par le psychopathe du film, de préférence éventrés, voire pendus devant de la maison (et éventrés quand même, faut pas déconner). Le second type de chats est assez particulier, puisqu’il s’agit d’animaux qui vivent derrière des portes (pourquoi pas dans un placard fermé depuis 5 ans), et qui n’existent que pour sauter au visage du héros tout en poussant un terrible hurlement. Heureusement ces chats-là disparaissent du métrage après avoir effrayé le spectateur, ce qui leur évitent de connaître la même fin que leurs congénères décrits ci-dessus…

Les blessures : Savez-vous quelle blessure est la plus douloureuse pour un homme (un vrai je veux dire, celui qui est musclé et dans un film d’action) ? C’est celle… qui sera soignée. En effet, les héros peuvent généralement encaisser à peu près n’importe quoi, depuis de monstrueux coups de tatanes dans le nez jusqu’à des balles dans le ventre, ce n’est pas trop grave. Ca ne les empêche généralement pas de continuer à se battre ou d’escalader un mur. Mais si on a le malheur de mettre un peu d’antiseptique sur la petite coupure qu’ils ont à l’épaule (en particulier si c’est une belle nana qui les soigne), alors là, croyez-moi, ils vont vraiment morfler et sursauter en grimaçant de manière atroce…

Les deuils : Histoire que les héros soient un peu sombres (et histoire de justifier leur vengeance qui va se concrétiser par une trentaine de morts en 1h30), c’est assez pratique de les endeuiller. Avant le film, ils ont ainsi perdu leur père, leur frère, voire leur femme et leurs deux enfants pour les plus gourmands. Et devinez quoi ? A un moment du film, le héros va faire la connaissance de quelqu’un (une femme, encore, ça doit être la même sadique qui soigne les blessures). Et, aussi incroyable que ça puisse paraître, soit dans la conversation, soit pour répondre à une question, le héros va évoquer son deuil seulement quelques minutes (ou même quelques secondes) après le début de la discussion (« Bonjour, je m’appelle John et ma femme est morte il y a deux ans. »). Et l’interlocutrice va immanquablement répondre par un : « Je suis désolée. »…

Les déguisements : Prenez un acteur dont le personnage doit se déguiser de la manière la plus improbable qui soit. Au choix, prévoyez un changement de sexe, de couleur de peau, la prise de 150 kilos, un vieillissement de 40 ans, ou n’importe quelle combinaison de ces modifications. Le résultat, malgré les efforts de la crème des maquilleurs et des prothésistes d’Hollywood, sera évidemment lamentable (surtout si le film est basé sur ce travestissement). Au mieux, vous obtiendrez quelqu’un de clairement déguisé, au pire, quelque chose ressemblant à un mutant radioactif. Et pourtant… Ce déguisement sera si parfait que personne, jusqu’à la fin du film, ne reconnaîtra le héros en question. Ni sa petite amie, ni ses propres enfants, ni son collègue qui le côtoie depuis 20 ans, personne je vous dis. Et soyez même sûrs qu’un autre personnage trouvera d’ailleurs cet espèce de monstre dégénéré tellement séduisant qu’il ne pourra s’empêcher de le draguer avec insistance !

Ces quelques exemples vous évoquent des souvenirs pénibles de scènes tout aussi nazes, et qu’on nous re-pond pourtant régulièrement ? Allez-y, vengez-vous dans les commentaires de cette note, n’hésitez pas. Il est temps que nous nous rebellions, pauvres spectateurs atterrés que nous sommes ! Et la semaine prochaine, je terminerai ce triptyque en taillant un costume aux réalisateurs peu inventifs ;-)

par Weird publié dans : Cinéma
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Mercredi 27 septembre 2006
par Weird publié dans : La Bête
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Lundi 25 septembre 2006

En écrivant le précédent paragraphe, je pensais sincèrement qu’il serait le dernier, mais quelque chose a vraiment mal tourné depuis. Ceci n’est plus le récit d’un voyage en bateau, mais celui d’une tragédie absolue. Dans ma situation, je n’ai plus rien à faire à part noircir ces pages. J’ignore qui les lira, mais il me faut bien occuper les quelques heures qui me restent encore à vivre… Je vais reprendre où je m’étais arrêtée et tâcher de relater ce qui m’est arrivé au cours des dernières semaines. Vous qui lirez ces lignes, qui que vous soyez, puissiez-vous être les témoins indulgents de mon échec et de ma fin…

Or donc, toujours guidé par la boussole, notre navire se dirigea vers une baie où nous accostâmes peu de temps après. Le fait d’être enfin arrivés à destination et le retour du beau temps nous redonnèrent très vite le moral. Je crois que, tout en préparant notre débarquement, nous nous sentions un peu honteux de nos disputes des jours passés. Sans vraiment en parler ni exprimer de regrets, nous recommençâmes à nous parler normalement, et je pense que ce statu quo nous soulagea tous les deux. Nous avions hâte de mettre pied à terre, et de tourner la page sur cet épisode plutôt fâcheux de notre relation. Mon ami manœuvra le bateau jusqu’à un ponton où nous débarquâmes avant de l’arrimer. Un chemin de terre, grossier mais praticable, partait en direction d’une épaisse forêt. Après avoir rassemblé quelques affaires, nous décidâmes naturellement d’emprunter cette unique voie.

La forêt se referma rapidement sur nous, tant sur les côtés qu’au-dessus de nos têtes. Les arbres ne ressemblaient en rien aux grands conifères qui recouvrent le domaine de ma mère. Ceux-ci ne présentaient aucune branche à part de larges palmes à leur sommet. Leurs troncs étaient couverts de plantes grimpantes et de nombreuses lianes pendaient çà et là. Le sol, quant à lui, était recouvert d’arbustes épineux sur près d’un mètre de hauteur, ce qui rendait quasi-impossible toute progression en dehors du chemin. L’air était à la fois chaud et très humide, et nos vêtements furent trempés de sueur après seulement quelques centaines de mètres. Par bonheur, la voie semblait étrangement épargnée par cette végétation luxuriante. Ce détail nous sembla d’ailleurs étrange, car malgré nos efforts nous ne pûmes distinguer aucune trace de pas ni d’élagage d’aucune sorte. On aurait dit que les plantes évitaient d’elles-mêmes de pousser à cet endroit…

Notre marche à travers cette jungle dura plusieurs heures, et le soleil était haut dans le ciel lorsque nous émergeâmes enfin dans une gigantesque plaine. Depuis le ponton jusqu’à cet endroit, le chemin avait été quasiment rectiligne, ce qui nous laissa un peu mal à l’aise, car malgré les apparences, il ne pouvait pas être d’origine naturelle. Pendant toute notre progression, nous ne vîmes ni n’entendîmes le moindre animal, alors que nous nous pensions que cette forêt serait grouillante de vie. Sans pouvoir l’expliquer, nous en conclûmes que - tout comme la flore - la faune de cette île devait éviter le chemin de terre... Nous étions arrivés à l’orée d’une vallée circulaire et colossale, qui aurait sans doute nécessité de marcher jusqu’au soir pour la traverser de part en part. Elle était bordée sur près des trois quarts de sa circonférence par d’énormes murailles de roches. Ces falaises abruptes, hautes de plusieurs centaines de mètres, ne semblaient offrir aucun moyen d’entrer ou de sortir de ce cirque. Le dernier quart était, pour autant que nous pûmes en juger de par notre position, occupé par la forêt que nous venions de traverser. A moins d’un autre chemin à travers la végétation inextricable, la route sur laquelle nous nous trouvions semblait donc l’unique point de passage.

Nous fîmes une halte pour nous reposer et nous restaurer, et surtout pour admirer la vue incroyable qui s’offrait à nous. Mon ami, plus habitué que moi à estimer les distances, évalua que le centre de cette vallée devait également être celui de l’île elle-même. Pour m’aider à me repérer, il dessina dans la poussière du chemin une vue aérienne des lieux tels qu’il l’imaginait. En étudiant son croquis, je ne pus m’empêcher de comparer cette terre à une cible, et de ressentir une certaine appréhension à l’idée de me diriger vers son centre. C’était pourtant là que, de toute évidence, se trouvait le but de notre voyage. Le seul problème était que nous n’arrivions pas à le distinguer ! Depuis notre position, il était facile de voir que le chemin continuait en ligne droite à travers la plaine. Mais lorsque nous tentions d’approcher notre regard de son centre, notre vision se brouillait inexplicablement. C’était comme si la vaste zone centrale se soustrayait à tout examen. Les couleurs de l’herbe et de la terre semblaient s’atténuer, et le paysage devenait de plus en plus flou, comme si nous tentions de regarder à travers une vitre graisseuse. En s’éloignant du centre par contre, notre vue retrouvait toute son acuité, et nous pouvions observer sans problème les falaises alentours…

Notre pause terminée, nous reprîmes la route. Mon compagnon n’était pas tranquille à l’idée de se diriger vers un lieu qu’on ne pouvait voir clairement bien qu’il fasse jour. Il me fit part de ses craintes, mais je le rassurais en lui rappelant où nous étions. Cette île étant le domaine d’un gardien, il était normal que certaines choses nous semblent inexplicables, en particulier si nous approchions de son château. Celui de ma mère disposait également de caractéristiques propres à jeter le trouble dans l’esprit des visiteurs non initiés. Il me semblait donc logique que la demeure du maître des lieux soit protégée d’une manière quelconque. Je concluais en lui affirmant que ce phénomène n’était donc sans doute qu’une étonnante forme de camouflage. Mon compagnon finit par trouver mes explications satisfaisantes et changea de conversation. Pour ma part, j’aurai bien voulu être également convaincue par mon raisonnement, mais je n’arrivais pas à me défaire de cette inquiétude qui m’étreignait. C’est d’ailleurs à ce moment que, comme pour justifier mon appréhension, un abominable hurlement retentit dans la vallée…

par Weird publié dans : Chroniques
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Vendredi 22 septembre 2006

L’autre jour, j’ai regardé un film – fort intéressant au demeurant – mais dont l’une des scènes m’a hérissé les poils des avant-bras tellement elle était mal jouée. Et pourtant, il n’y avait aucun dialogue, juste une actrice qui sortait deux valises du coffre de sa voiture… Cette scène si mal fichue m’a donné l’idée d’écrire une petite note à ce sujet, où je vais tâcher de lister quelques exemples qui, je l’espère, vous sembleront familiers…

Les valises : N’avez-vous pas remarqué que dans de nombreux films, les personnages doivent trimballer des valises tellement lourdes qu’ils manquent de se briser le dos ? Ces scènes donnent souvent l’occasion de placer une réplique si drôle qu’on oublierait presque qu’on l’a déjà entendu un bon millier de fois : « Mais qu’est-ce que vous avez mis là-dedans, des haltères ? » (hahaha je ris…). Enfin bref, dans 9 cas sur 10, les valises en questions sont vides. Cela oblige l’acteur à mimer ses efforts pour nous faire croire qu’elles sont pesantes, ce qu’il fait généralement très mal. Serait-ce si dur pour les accessoiristes de les lester un minimum, histoire que le plan ait l’air crédible ?

Les flingues : On voit ça de moins en moins souvent (heureusement), mais dans je ne sais combien de films, les acteurs accompagnent un coup de feu d’un mouvement du bras ou du poignet vers l’avant. On pourrait croire que ce sont des bons acteurs, bien formés pour jouer la comédie, mais ils bougent comme des gamins qui joueraient aux cow-boys ! Mais peut-être s’agit-il d’une technique secrète pour donner une impulsion supplémentaire à la balle, de sorte que celle-ci fasse encore plus mal lors de l’impact ? :-D

Les lunettes : Ah, les personnages qui ont des lunettes, je les adore… La plupart du temps, lorsqu’ils n’en croient pas leurs yeux, ou bien quand ils veulent examiner quelque chose en détail, leur premier réflexe est de… retirer leurs lunettes. Moi c’est plutôt le contraire, je vois moins bien lorsque j’enlève les miennes, mais bon… Par contre, si jamais ils perdent involontairement leurs lunettes (en particulier lorsqu’on les bouscule), c’est une vraie catastrophe… Vous remarquerez qu’ils deviennent alors totalement aveugles ! Même en se mettant à quatre pattes sur le sol, ils ne les retrouveront jamais alors qu’elles sont juste devant eux.

Les personnages aveuglés : Qu’ils aient perdu leurs lunettes (voir ci-dessus) ou qu’une infâme malédiction les privent de leur vue, les acteurs dont le personnage devient subitement aveugle (pas ceux qui incarne de « vrais aveugles », avec une canne et un chien) se mettront généralement à sur-jouer d’une manière plus que risible. Ils trébucheront sur le moindre obstacle, n’auront plus aucun sens de l’équilibre, ferons d’étranges mouvements avec leurs bras tendus, et n’arriveront même pas à tourner la tête dans la bonne direction lorsqu’un autre personnage leur parle (ils sont peut-être devenus sourds en même temps).

Ce sont les quatre exemples qui me viennent à l’esprit en rédigeant cette note, mais peut-être pensez-vous à d’autres mouvements aussi lamentables, qu’on nous ressort sans pitié dans des dizaines de métrages ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à nous en faire tous profiter dans un petit commentaire ! Et si au passage vous savez pourquoi les acteurs sont de si mauvais mimes, je serais également heureux de l’apprendre :-)

par Weird publié dans : Cinéma
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Mercredi 20 septembre 2006
par Weird publié dans : La Bête
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