Ceci est le deuxième article d’une série de trois, que je désire consacrer à la médiocrité répétitive de certains professionnels du cinéma. Après les acteurs la semaine dernière, je m’attaque cette fois-ci aux scénaristes. Je me demande souvent pourquoi des scènes ou des situations, absolument nulles au demeurant, se retrouvent si fréquemment d’un film sur l’autre. Est-ce une conspiration pour nous lobotomiser ? Allez hop, pour faire comme la dernière fois, voici quatre exemples qui me reviennent à l’esprit sans trop faire d’efforts :
Les chats : Pour les scénaristes, il y a deux types de chats. Les premiers sont des chats plutôt sympas, que l’on va voir deux fois dans le film. Tout d’abord comme ça, histoire de dire qu’ils font partie de la maison, du quotidien. Hélas la fois suivante, ils seront morts, tués par le psychopathe du film, de préférence éventrés, voire pendus devant de la maison (et éventrés quand même, faut pas déconner). Le second type de chats est assez particulier, puisqu’il s’agit d’animaux qui vivent derrière des portes (pourquoi pas dans un placard fermé depuis 5 ans), et qui n’existent que pour sauter au visage du héros tout en poussant un terrible hurlement. Heureusement ces chats-là disparaissent du métrage après avoir effrayé le spectateur, ce qui leur évitent de connaître la même fin que leurs congénères décrits ci-dessus…
Les blessures : Savez-vous quelle blessure est la plus douloureuse pour un homme (un vrai je veux dire, celui qui est musclé et dans un film d’action) ? C’est celle… qui sera soignée. En effet, les héros peuvent généralement encaisser à peu près n’importe quoi, depuis de monstrueux coups de tatanes dans le nez jusqu’à des balles dans le ventre, ce n’est pas trop grave. Ca ne les empêche généralement pas de continuer à se battre ou d’escalader un mur. Mais si on a le malheur de mettre un peu d’antiseptique sur la petite coupure qu’ils ont à l’épaule (en particulier si c’est une belle nana qui les soigne), alors là, croyez-moi, ils vont vraiment morfler et sursauter en grimaçant de manière atroce…
Les deuils : Histoire que les héros soient un peu sombres (et histoire de justifier leur vengeance qui va se concrétiser par une trentaine de morts en 1h30), c’est assez pratique de les endeuiller. Avant le film, ils ont ainsi perdu leur père, leur frère, voire leur femme et leurs deux enfants pour les plus gourmands. Et devinez quoi ? A un moment du film, le héros va faire la connaissance de quelqu’un (une femme, encore, ça doit être la même sadique qui soigne les blessures). Et, aussi incroyable que ça puisse paraître, soit dans la conversation, soit pour répondre à une question, le héros va évoquer son deuil seulement quelques minutes (ou même quelques secondes) après le début de la discussion (« Bonjour, je m’appelle John et ma femme est morte il y a deux ans. »). Et l’interlocutrice va immanquablement répondre par un : « Je suis désolée. »…
Les déguisements : Prenez un acteur dont le personnage doit se déguiser de la manière la plus improbable qui soit. Au choix, prévoyez un changement de sexe, de couleur de peau, la prise de 150 kilos, un vieillissement de 40 ans, ou n’importe quelle combinaison de ces modifications. Le résultat, malgré les efforts de la crème des maquilleurs et des prothésistes d’Hollywood, sera évidemment lamentable (surtout si le film est basé sur ce travestissement). Au mieux, vous obtiendrez quelqu’un de clairement déguisé, au pire, quelque chose ressemblant à un mutant radioactif. Et pourtant… Ce déguisement sera si parfait que personne, jusqu’à la fin du film, ne reconnaîtra le héros en question. Ni sa petite amie, ni ses propres enfants, ni son collègue qui le côtoie depuis 20 ans, personne je vous dis. Et soyez même sûrs qu’un autre personnage trouvera d’ailleurs cet espèce de monstre dégénéré tellement séduisant qu’il ne pourra s’empêcher de le draguer avec insistance !
Ces quelques exemples vous évoquent des souvenirs pénibles de scènes tout aussi nazes, et qu’on nous re-pond pourtant régulièrement ? Allez-y, vengez-vous dans les commentaires de cette note, n’hésitez pas. Il est temps que nous nous rebellions, pauvres spectateurs atterrés que nous sommes ! Et la semaine prochaine, je terminerai ce triptyque en taillant un costume aux réalisateurs peu inventifs ;-)



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