Les rubriques

Nos sites web !

Tous les textes et photos de ce site sont des oeuvres originales protégées par le droit d'auteur et ne peuvent pas être utilisés librement. Vous avez l'obligation d'obtenir l'accord explicite de leur auteur avant toute copie ou utilisation à titre non personnel. Pour rappel : L.122-4 du Code de la Propriété intellectuelle : Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.

Jour après jour

Octobre 2006
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Mardi 31 octobre 2006

Au cours du mois d'août 2006, de nouveaux meurtres à répétition eurent lieu dans mon jardin. La mise en scène de ces assassinats de petites bestioles était en tout point semblable à celle que j'avais observée un an auparavant. Pourtant, depuis l'affaire du "serial-griffeur", l'infâme Chat Gris se trouvait en prison. Se pouvait-il qu'un autre tueur félin, admiratif de ses méthodes, lui rende un sanglant hommage ? Vu le nombre effrayant de victimes, je décidais d'enquêter...

par Weird publié dans : La Bête
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Dimanche 29 octobre 2006

Rassemblant tout mon courage, je tendis doucement une main devant moi, en direction de cette chose en mouvement. Ma main effleura une masse vivante qui défila sous mes doigts comme un gigantesque serpent. Effrayée, je rompis le contact en ramenant prestement mon bras contre mon corps. Quelle pouvait bien être cette créature qui évoluait dans le brouillard ? Prise de panique à l’idée de ne pouvoir la localiser avec certitude, je me remis rapidement sur mes pieds, pour limiter la partie de mon corps qui serait à la merci de cette chose. Après quelques secondes d’attente angoissée, je sortis de ma torpeur et pris conscience de l’affrontement qui avait débuté à quelques mètres de moi. Mon compagnon et son adversaire s’étaient en effet empoignés et luttaient d’une manière inhabituelle. Ils ne cherchaient pas à frapper l’autre, mais se contentaient de maintenir leur prise. L’aspect le plus terrifiant de leur combat était l’intensité de leur regard. Tous leurs efforts semblaient se concentrer dans leurs yeux, qu’ils roulaient de manière écœurante, en une sorte de confrontation de volonté dont les règles m’échappaient totalement.

Autant inquiétée par l’attitude inhumaine de mon compagnon que par la chose qui rampait à mes pieds, je restais figée pendant de longues secondes. Tandis que j’hésitais entre me jeter dans la mêlée et m’enfuir, le combat dont j’étais témoin prit soudainement fin. Les yeux de notre ennemi se révulsèrent brusquement, et il tomba à la renverse tel un pantin désarticulé. Je me précipitais vers mon compagnon mais lui aussi s’était effondré sur le sol avant que j’ai pu l’atteindre. M’accroupissant à ses côtés, je l’aidai à s’asseoir de sorte que son visage émerge de la brume. Il était plus pâle que jamais, à bout de souffle, et son regard devenait vitreux. Il s’accrocha à moi en un geste pathétique, et je compris qu’il était mourrant. Puisant dans ses dernières forces, il attira mon visage près du sien et prononça ces quelques mots : « Je t’avais dit que j’étais déjà mort… Fuis maintenant, aussi vite que tu le peux… ». Tandis que la vie le quittait, son visage reprenait ses traits d’origines. Ceux que j’avais toujours connus, ceux de ce jeune marin qui était un ami fidèle pendant tant d’années. « Si j’avais été un haut-rêvant… » ajouta-t-il encore, « … les choses auraient été différentes… entre nous. ». Il respira encore une fois, puis une autre, et ce fut terminé.

Anéantie par cette mort inexplicable, je restais immobile, serrant contre moi le corps de mon compagnon d’aventure. Tandis que les larmes voilaient ma vision, mon esprit était en proie à de nombreuses émotions, parfois contradictoires. A la peine que je ressentais venait s’ajouter un fort sentiment de culpabilité de l’avoir entraîné dans mon voyage. De l’anxiété également, car je ne comprenais toujours pas ce qui se passait dans ce palais, et ce dont nous étions victimes. J’hésitais enfin à obéir à ses dernières volontés, en quittant au plus vite ces lieux. Mais le sentiment qui dominait tous les autres était la colère, envers moi-même, ma quête insensée, et cette île tout entière. J’allais partir comme il l’avait souhaité, mais pas avant de m’être affranchie de cette haine qui montait en moi. Il me fallait trouver les responsables et le leur faire payer au prix fort ! Mais pour assouvir ma vengeance, je devais tout d’abord trouver ce que dissimulait cette brume…

Déposant au sol le corps de mon ami, je tâchais tout d’abord de retrouver celui de notre adversaire. Peut-être avait-il sur lui quelque chose qui m’aiderait à comprendre ? J’avais repéré l’endroit de sa chute, mais j’eus beau chercher à tâtons, mes mains ne rencontrèrent que le sol froid et lisse. Etait-il encore en vie, et avait-il pu ramper hors de la galerie ? Revenant vers mon compagnon, j’eus un choc en le retrouvant à plusieurs pas de là où je l’avais laissé une minute auparavant. Et, tandis que je commençais à fouiller ses vêtements, je constatais avec effroi qu’il se déplaçait doucement ! Ne pouvant me fier qu’à mon sens du toucher, je compris que son corps, allongé sur le dos, glissait vers une ouverture dans le mur le plus proche. Se pouvait-il que quelqu’un, dissimulé par cette brume maudite, fut en train de le traîner par les pieds ? Sans réfléchir, je plongeais dans le brouillard pour surprendre celui ou celle qui était en train de déplacer le cadavre de mon compagnon. Mes bras réussirent à ceinturer mon adversaire, mais l’ignominie de sa nature fit chanceler ma raison !

Mes mains s’étaient refermées autour de la chose que j’avais effleurée précédemment. La manière la plus simple de la décrire serait de parler d’une créature tubulaire d’une cinquantaine de centimètres de diamètre. Je pensais tout d’abord à un animal, un serpent ou un ver géant, qui aurait attrapé mon ami par les pieds et le tirait en arrière. Aussi horrible que fut cette idée, elle n’égalait en rien l’insoutenable secret que révéla la suite de mon examen tactile. Progressant avec dégoût le long de cet organisme, mes mains ne rencontrèrent ni tête, ni patte, ni tentacule d’aucune sorte qui aurait pu enserrer les jambes de mon ami. Bien au contraire, cet être se glissait sous la robe et ne faisait qu’un avec le corps de mon compagnon ! Par un amalgame répugnant et incompréhensible, cette créature et mon ami avaient fusionné leurs organismes. Ses paroles mes revinrent en mémoire, et je compris avec affolement ce qu’il m’avait expliqué à mi-mots sans oser m’avouer l’atroce vérité.

D
écidée à découvrir l’origine de cette abomination, je passais par la porte et m’engageai dans la pièce suivante. Je progressais à moitié courbée, avançant le plus vite possible, tout en gardant une main sur cette chose cylindrique et répugnante. Mon but était de remonter le long de cet organe jusqu’à découvrir l’entité qui avait assimilé mon compagnon. Ce que je pourrais faire par la suite, désarmée face à une telle créature, m’importait finalement peu. Mon désir de vengeance ne laissait alors aucune place à la prudence. De salles en couloirs, je suivis ainsi cette horrible piste vivante sur des dizaines de mètres. La taille de cette chose était aberrante, et je me dis que si son corps était proportionnel à ses excroissances humanoïdes, toute ma rage me serait d’une utilité limitée. Avec surprise, je finis par déboucher dans le grand hall d’entrée. La détestable masse de chair s’achevait ici, en un hideux moignon sanguinolent. Mon ami s’était-il sacrifié pour me guider jusqu’ici ? A moins que la chose qui vivait en ces murs se fut séparé de ce membre désormais inutile... La porte d’entrée était entrouverte, laissant entrevoir un paysage crépusculaire. Ma besace, mystérieusement posée sur la plus haute marche de l’escalier menant à l’extérieur, formait une invitation à la liberté. Prenant conscience qu’une telle occasion ne se présenterait sans doute plus jamais, je me saisis de mes affaires et quittais le Palais des Brumes.

par Weird publié dans : Chroniques
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Jeudi 26 octobre 2006
par Weird publié dans : La Bête
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mardi 24 octobre 2006

Perdu dans la jungle profonde, je désespérais de trouver un jour le temple qui hantait mes cauchemars depuis des mois. Heureusement, ce charmant indigène allait peut-être pouvoir me renseigner…

par Weird publié dans : Another brick
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Samedi 21 octobre 2006

Après cet incident, la vie reprit son cours au Palais des Brumes, telle une rivière paresseuse. Bien que ne disposant alors d'aucun moyen d'estimer l’écoulement du temps, je suppose que mon séjour en ces lieux dura approximativement un mois. Je me satisfaisais des plaisirs simples que m'offrait cette nouvelle existence. Avec mon nouvel ami, nous devisions plaisamment lors de promenades sans fin dans les couloirs. Le dépouillement des lieux finit par m'apparaître comme une perfection évidente, au point de me demander comment j'avais jadis pu m'intéresser à des choses aussi superflues que la couleur d’un arbre ou l'odeur de l'océan. Lorsque j'essayais de me remémorer la raison de ma présence au palais, mes souvenirs devenaient aussi brumeux que mon environnement. J'avais vaguement l'impression que j'attendais quelqu'un qui n'arrivait jamais, mais dont la présence aurait de toute manière rompu l'harmonie à laquelle j'aspirais.

Tout bascula lorsqu'un jour (ou une nuit ?), mon compagnon de voyage entra dans la pièce où je me trouvais. Cela faisait un certain temps que je ne l'avais plus vu, et sur le moment j'eus du mal à le situer. Ses traits me semblèrent familiers, mais ce ne fut qu’après un examen soutenu que je le reconnus tout à fait. Il s'était approché de la même démarche glissante que nos hôtes, et je me souviens avoir tout d'abord ressenti une certaine jalousie à le voir se déplacer de la sorte. Comme j'aurai aimé pouvoir avancer du même mouvement posé, progressant à travers la brume sans la déplacer. Malgré mes efforts pour m'intégrer à ce lieu de paix, j'avais toujours l'impression de me déplacer sans grâce, basculant maladroitement d'une jambe sur l'autre.

Le marin me saisit par les épaules et me secoua assez rudement, m'arrachant à ma rêverie. "Ecoute-moi attentivement." me dit-il en tentant d'attirer mon regard fuyant. "Je n'ai pas beaucoup de temps avant qu'elles me retrouvent, mais il faut absolument que tu m'écoutes, et que tu comprennes ce que je vais te dire.". Son discours sans queue ni tête m'agaçait, tout comme son ton agressif. J'aurais préféré qu'il parte retrouver les jumelles et qu'il me laisse tranquille. Au lieu de cela, il me gifla violemment, ce qui eut pour effet de me réveiller tout à fait. Je m'apprêtais à lui demander ce qui ne tournait pas rond chez lui, mais il me réduisit au silence d'un simple regard. Je ne l'avais jamais connu aussi sérieux, et il était clair qu'il n'hésiterait pas à me frapper à nouveau si je ne lui accordais pas toute mon attention.

"C'est bien…" dit-il d'une voix hachée par l'émotion. "Tu dois garder cet état d'esprit. Sois en colère après moi si tu le souhaites, mais ne retombe pas dans leur piège.". Désormais pleinement consciente et effrayée par ses paroles, j'acquiesçais de la tête. "Car il s'agit bien d'un piège..." continua-t-il. "Ce château, cette brume, toute cette île peut-être bien. Il agit sur nous, sur notre esprit comme sur notre corps. Je n'ai pas vu mon reflet dans un miroir depuis longtemps, mais en observant ton visage je suppose que nous avons tous deux subit le même sort.". "Mais de quoi parles-tu ?" le questionnai-je d’un ton inquiet, tout en portant par reflexe la main à ma mâchoire. "Tes cheveux ! " répondit-il brutalement, "Ton nez, tous tes traits. Tu leur ressembles comme une sœur.". Ses mots me firent l'effet d'une décharge électrique. Tout en l'écoutant, le souvenir de son vrai visage me revint en mémoire. Et il avait raison. De nombreux détails de son visage étaient modifiés, faisant de lui une copie très proche de membres de cette étrange famille.

"Ce piège nous modifie." poursuivit-il. "Il nous fait oublier qui nous sommes, et pourquoi nous sommes ici. Il change aussi notre apparence, jusqu'à faire de nous une de ces… choses. Tu ne comprends donc pas ?". Mon ami accompagna cette question d'une nouvelle secousse sur mes épaules. Commençant à entrevoir l'horrible vérité de ses révélations, je l'interrogeai : "Tu veux dire que nous devenons comme eux ?". "Oui, mais pas seulement pour leur ressembler.", me répondit-il, des sanglots dans la voix. "Pour devenir eux… pour les rejoindre dans cette hideuse forme de…". Il ne put achever sa phrase, apparemment victime d'une soudaine douleur. Ses mains se posèrent sur ses hanches, et il se mit à osciller d'avant en arrière, comme une marionnette incapable de contrôler ses propres mouvements. Lorsque la crise fut passée, il avait le souffle court et le regard d'un fou…

"Le maléfice qui œuvre en ces lieux ne doit pas nous atteindre de la même manière. Je pense que tes origines te protégent et ralentissent le sortilège. Laisse moi vérifier.". Sur ces paroles, il se rapprocha encore de moi et fit rapidement descendre ses mains le long de mes cuisses. Plus effrayée que gênée par son attitude, je le laissais poursuivre son examen tactile. Il s'accroupit, disparaissant presque totalement dans la brume tandis que ses doigts palpaient mes mollets, puis mes pieds. Quand il se releva, une lueur d'espoir brillait dans ses yeux. "Tu peux encore partir d'ici." prononça-t-il avec difficulté. "Pour moi par contre, c'est trop tard.". "Mais non !" rétorquai-je, "Nous pouvons fuir ensemble maintenant que tu m'as ouvert les yeux.". "C'est trop tard !" répéta-t-il d'un ton où la colère se mêlait à la détresse la plus profonde. "Je fais… partie d'eux désormais. Mais c'est ce qui va me permettre de te sauver.". Me saisissant par la main, mon ami m'entraîna sans ménagement vers un mur, dont un panneau s'effaça pour nous laisser passer dans une autre pièce. D'une voix dure et autoritaire, il m'assénait des ordres tout en me guidant dans le brouillard.

"Nous allons revenir dans le hall d'entrée, et tu vas quitter cet enfer sans te retourner. Tu vas refaire en courant le trajet jusqu'au bateau, et tu partiras… Ne m'interromps pas !" hurla-t-il à mon attention, alors que j'essayais de lui faire comprendre que je ne partirai pas sans lui. "Je suis en train de te sauver la vie," poursuivit-il, "aussi ne te soucie pas de moi, car je suis déjà mort.". Notre course dans une large galerie fut brusquement interrompue par l'apparition soudaine, à quelques mètres devant nous, du fils de la maisonnée. "Laisse-la tranquille…" ordonna-t-il à mon ami d’une voix trop calme, "…car elle sera bientôt des nôtres.". "Reste derrière-moi." me chuchota mon compagnon, visiblement décidé à en découdre. Je reculai de quelques pas et entrepris de les contourner pour attaquer notre adversaire à revers. Mais à ma grande surprise, et pour la première fois depuis que j'habitais au Palais des Brumes, je trébuchai sur une chose dissimulée par le brouillard. Tout en chutant gauchement sur le sol, je réalisais avec effroi que nous n'étions pas les seuls dans cette galerie. Quelque chose se cachait dans la brume, et cette chose rampait autour de moi…

par Weird publié dans : Chroniques
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Blog : Guides d'achat sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus