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Samedi 30 décembre 2006

Tout comme l’année précédente, ce fut à moi d’appréhender Chat Gris. Cette fois-ci, comme il avait sorti ses griffes, je dus utiliser un bâton pour le maîtriser. Lorsque je le questionnai sur la façon dont il avait réussi à sortir de prison, il me fit une surprenante révélation !

par Weird publié dans : La Bête
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Jeudi 28 décembre 2006

Chat Roux n’y comprenait décidément plus grand chose ! Où était donc passé l’inspecteur La Bête ? Et pourquoi le serial-griffeur se promenait-il en liberté ? L’heure n’était hélas pas aux interrogations et le petit rouquin préféra s’enfuir, sans réponse certes, mais vivant…

par Weird publié dans : La Bête
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Mardi 26 décembre 2006

Ne souhaitant pas se retrouver à nouveau seul, Chat Roux partit en courant dans la direction qu’avait empruntée l’inspecteur La Bête. Tournant à l’angle de la maison, il déboula sur la pelouse et tomba… face au serial-griffeur !

par Weird publié dans : La Bête
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Dimanche 24 décembre 2006

Les mots que ma mère prononçaient si calmement se bousculaient dans ma tête. Comment voulait-elle que je puisse lui succéder à la tête du domaine, alors que j’étais prisonnière de ces monstres ? Et comment aurai-je seulement pu réussir, là où elle avait échoué malgré ses pouvoirs de gardienne ? Sans parler du fait qu’elle venait de m’annoncer que sa fin était proche… Je tâchais malgré tout de garder mon calme et de demeurer attentive à la suite de son discours. Elle poursuivit : « Ce que je vais te dire va te sembler particulièrement dur à admettre, d’autant plus que je n’ai aucun moyen de te le prouver. La sagesse à laquelle j’ai accédé dans la mort m’a permis d’apprendre de nombreuses choses, sans que je puisse les expliquer pour autant. Il te faudra donc me faire confiance et te baser sur cette information pour combattre notre ennemi. Comme il est capable de changer ses traits et qu’il nous apparaît parfois sans visage, j’avais intuitivement pensé que cette absence de faciès était sa forme « normale », si je puis dire. En fait, il faut la considérer comme ses autres apparences, telle un déguisement derrière lequel il dissimule sa véritable identité. Et, aussi grotesque et inacceptable que soit cette vérité, le visage que je devine derrière ce masque est celui… de ton père. ».

Ma première réaction fut effectivement de rejeter cette affirmation. Je la reformulai mentalement, incapable de trouver la moindre explication qui aurait pu rendre la chose possible. Mon père était non seulement mort depuis bien longtemps, mais c’était ce monstre qui l’avait tué. Même si ma mère avait désormais une connaissance supérieure, elle devait faire erreur. Ou, si elle avait raison maintenant, elle n’aurait pas pu autant se tromper au cours des vingt dernières années. Quelque chose clochait dans cette révélation stupide, je le sentais au plus profond de mon être. Je secouais la tête pour lui faire comprendre que je ne pouvais accepter une telle chose, et pour la détromper sur ce concept aberrant. Elle était pourtant toujours aussi calme et sérieuse lorsqu’elle reprit la parole : « J’étais certaine que tu n’arriverais pas à me croire, mais il fallait que je te le dise. Tu dois absolument l’accepter, même si tu ne le comprends pas. Je n’ai hélas ni le temps ni les preuves nécessaires pour t’aider à admettre. Au point où en est notre lutte, seul le pouvoir des patronymes pourra te permettre de le vaincre. Si tu autorises ton esprit à croire ce que je viens de te dire, tu disposeras d’une arme pour le combattre. ».

Accablée par le poids des responsabilités que ma mère me confiait, j’appuyai mon front sur la grille pour éviter de m’effondrer. Elle souhaitait que, à l’aide d’un pouvoir qui m’était inconnu, je réussisse à vaincre notre adversaire qui était en fait mon père ? Rien de tout cela ne tenait debout. Si mes sens ne m’avaient pas affirmé le contraire, j’aurai plutôt été prête à croire que c’était justement cet être abject qui se tenait là, utilisant ses capacités polymorphes pour se moquer de moi… La voix de ma mère me rappela à la réalité : « Ecoute-moi bien, car j’ai de nombreuses autres choses à te révéler. Toutes te seront utiles pour vaincre nos ennemis. Tu dois maintenant savoir que tu as été trahie par notre voisin. Tu as bien fait de lui demander de l’aide, mais le Peintre a préféré livrer le Haut-Rêvant à l’autre partie. Qu’il l’ait fait par choix ou par lâcheté n’y change rien, car tu ne dois surtout plus rien attendre de lui. La troisième chose que je dois te dire concerne le Haut-Rêvant, ou plutôt la capacité des haut-rêvants à contrôler le rêve. J’ai découvert que… ». Elle n’eut jamais l’occasion de terminer sa phrase, car les portes qui se trouvaient derrière chacune de nous s’ouvrirent simultanément. Des boggarts se précipitèrent dans la pièce et nous fûmes immédiatement submergées. Littéralement portée hors de ce parloir, je ne revis plus jamais ma mère.

Je fus ramenée dans ma cellule, où ils m’ôtèrent au moins ces liens et ce bâillon avant de m’enfermer. Je me retrouvais à nouveau seule, sans aucun espoir de fuite, et profondément bouleversée par ce que je venais de vivre. Je me mis à répéter les paroles de ma mère, encore et encore, pour être sûre de ne rien oublier et tâcher de leur trouver un sens. Aujourd’hui encore, je suis certaine qu’elle avait de bonnes raisons de me dire tout ceci, mais je n’arrive pas à me l’expliquer. D’après elle, mon père serait donc encore en vie et ce serait lui notre ennemi… Je ne comprends toujours pas comment ordonner de manière cohérente cette affirmation et tout le reste. Quant à la suite de son discours… La trahison du Peintre, bien que surprenante, expliquerait beaucoup de choses. Mais j’ai beau me creuser la tête, je n’ai aucune idée de ce qu’elle avait bien pu vouloir me dire sur les pouvoirs des haut-rêvants… Et je ne m’explique pas non plus la raison même de cette entrevue. Qu’aurais-je bien pu dire de si important que nos ennemis aient choisi de me bâillonner ? Et que voulaient-ils apprendre en permettant à ma mère de me parler ? L’identité de leur chef ? Rien de tout ceci ne tient debout…

Un ou deux jours plus tard, la porte s’ouvrit et un boggart vint m’apporter quelques objets. Outre ce journal et du matériel d’écriture, il y avait également de quoi éclairer ma cellule. Je restais interloquée devant un tel cadeau. Heureuse de pouvoir mettre fin à cette perpétuelle obscurité, je restais méfiante vis à vis du livre de bord. Il était tel que lorsque je l’avais laissé, juste avant de débarquer sur l’île du Palais des Brumes. Sans doute espéraient-ils que j’y confie quelques secrets ? Je le mis donc de côté, convaincue qu’y écrire quelque chose leur servirait d’avantage qu’à moi. Et puis, le temps passant, je finis par changer d’avis. Mes ennemis savent déjà tout de moi, jusqu’à mon nom ! Le fait que je le couche sur le papier ne changera donc rien à la situation… De plus, raconter les dernières semaines m’a, dans une certaine mesure, évité de penser à ce qui allait arriver par la suite. Et puis, qui sait, peut-être que ce journal pourra un jour être utile à quelqu’un qui lutte également contre ces monstres ?

Tandis que j’écris ces dernières lignes, je sais que la fin de mon récit coïncide avec la fin de ma captivité. Si le Haut-Rêvant a tenu l’ignoble engagement qu’il avait prit au Manoir de l’Absolu, il a déjà dû tuer ma mère, et mon tour ne devrait pas tarder. C’est étrange, et presque risible, mais je m’aperçois que je suis arrivée à la dernière page de ce journal. Il était vierge lorsque je l’ai découvert dans la cabine, et sa taille correspond exactement à ce que je souhaitais écrire… Des boggarts s’agitent dans le couloir. Je les ai espionnés il y a quelques heures : ils évoquaient ma mise à mort. D’habitude, ils m’en parlent pour me faire peur, mais le fait qu’ils en discutent entre eux prouve que c’est pour bientôt. Vous qui lisez ces lignes, ne croyez pas que j’essaye de paraître courageuse. Je suis anormalement détachée et calme, car je sais que rien ne pourra plus me sauver. Je reconnais maintenant la voix du Haut-Rêvant, parlant avec les gardes de l’autre côté de la porte. Il est venu pour moi, pour me tuer de ses mains, comme il l’avait annoncé. C’est donc ainsi que se termine mon récit. Je m’appelle Gwennen, je vais rejoindre tous ceux que j’ai entraînés dans la mort, et je vous fais mes adieux.

par Weird publié dans : Chroniques
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Samedi 23 décembre 2006

Chat Roux décida de surveiller l’entrée de la maison en attendant que Madame Courtepattes se réveille. Quelle ne fut pas sa surprise de voir débouler l’inspecteur La Bête ! Ce dernier, après lui avoir tenu un discours aussi bref qu’obscur, repartit aussi vite dans le jardin…

par Weird publié dans : La Bête
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