King Kong
Voici ma critique du King Kong de Peter Jackson, que j’ai vu le week-end dernier, et que je n'ai pas du tout aimé !! Si vous ne l’avez pas vu et que vous craignez les spoilers, arrêtez dès maintenant votre lecture ;-)
En général, je ne juge pas un film sur ses effets spéciaux, sauf évidemment si ces derniers ont un rôle particulier dans le métrage. Et assurément, ils en ont un dans celui-ci. Les différents décors, les nombreuses créatures, tout ça sent hélas la mauvaise image de synthèse. Autant un truc mal fichu ne me gênerait pas dans un film fauché, autant je trouve ça insupportable dans une superproduction. Et là, ce qu’on voit à l’écran est vraiment très laid… Chaque plan sur fond de ciel à l’air faux et raté... La taille de King Kong varie de d’une scène à l’autre, à la manière des méchants dans Ken le survivant (scène calme : c’est juste un gros gorille, scène d’action : c’est un géant !)... Les récifs, lors de l’approche en barque de l’île, sont absolument ridicules (quoi, ils ne peuvent pas filmer de vrais rochers, il faut absolument les créer en images de synthèse moches ?).
En plus de cette technique défaillante, le film accumule les scènes absolument ridicules. Il y en a tellement que je vais en oublier, mais voici quand même un florilège de débilités : Les marins qui courent plus vite que les raptors tout en esquivant les gros dinosaures, et en prenant le temps de faire du kung-fu (?) ou même des blagues à l’attention de la caméra (???). Kong qui se bat contre trois T-rex en même temps sans la moindre égratignure (et pourquoi pas 15 ? Jackson doit croire que multiplier les monstres rend son film épique. C’est raté…), mais qui plus tard se fait doser par de minuscules chauves-souris ! Le gamin qui dégomme à la Thomson des insectes grouillant sur Jack Driscoll, sans blesser celui-ci !! L’acteur qui fait Tarzan accroché sur une liane, elle-même accrochée… au ciel (il fait sa manœuvre au milieu d’un canyon !). Kong au sommet de la plus haute montagne… où arrive quand même une cascade (l’eau, comme la liane, vient sûrement du ciel elle-aussi)… Ann Darrow faisant des claquettes pour amuser le monstre… Kong ramené hors de l’île (comment le chargent-ils dans le bateau ? Où (dans une cabine ?) ? Que mange-t-il pendant le voyage ?)… Kong faisant du patin à glace (si si…) sur un bassin minuscule qui supporte son poids… Les pilotes arrivant à rater un singe géant immobile au sommet d’un immeuble (30 minutes pour l’abattre, quand même)… Etc. etc. etc.
Le reste du film est à l’image de ces erreurs. Le rythme est vraiment mal dosé (une première heure où il ne se passe absolument rien, toute l’action concentrée au milieu, une fin interminable). Les personnages n’ont aucune motivation valable. Pourquoi les marins, décimés par les monstres, continuent-il à progresser dans la jungle au lieu de retourner au bateau (sont-ils des fanatiques ne souhaitant rien d’autre que mourir ?). Pourquoi ne capturent-il pas les petites créatures qu’ils rencontrent, alors que c’est justement leur gagne-pain (ils préfèrent les dégommer) ? Et lorsqu’ils décident de le faire, pourquoi ils choisissent-ils de ramener Kong, le plus intransportable et le plus dangereux ? Carl Denham (qui est le personnage central du film, si l’on en croit la première moitié du métrage) est-il finalement méchant ou gentil ou fou ou stupide ? On s’en fout, car le scénario l’oublie dans le dernier quart du film ! Quel est le secret du passé de Jimmy, dont on nous parle à mi-mots ? On ne le saura jamais non plus… Déprimant.
Je ne retiendrai finalement de ce film que le look des indigènes de l’île (bien réussit) et trois plans un tout petit peu plus effrayants que le reste du film (qui ne pourra faire frémir que de très petits enfants) : l’apparition de la môme, le rapide sacrifice au casse-tête et le marin lentement mangé par les lamproies. Pas mal, mais ça ne représente hélas que dix secondes sur plus de trois heures de scènes stupides, laides et pénibles ! Bref, à la poubelle le gros poilu ! Qui ça, Kong ou Jackson ? Ben les deux en fait…