Le récit de Gwennen (1/15) : Journal de bord

Publié le par Weird

Cela fait maintenant une journée que la côte a disparu à l’horizon et que le Haut-Rêvant s’en est retourné dans le monde de l’éveil. Depuis que la boussole est activée, la navigation demande beaucoup moins d’efforts que lors des premières heures, le bateau semblant se diriger de lui-même dans la haute-mer. Ce matin, alors que nous faisions le point sur notre stock de nourriture, j’ai découvert ce journal de bord dans la cabine. Il appartenait sans doute, tout comme l’embarcation, au propriétaire de la cabane au bord du lac. Je trouve étrange que ce journal soit vierge, comme s’il m’avait attendu toutes ces années. Après réflexion, j’ai donc décidé d’y résumer notre voyage. Je sais que le Haut-Rêvant relate lui-même ses visites dans nos contrées. Lorsque nous le retrouverons dans quelques jours, sur l’île de son initiation, je lui offrirai ce journal pour qu’il sache ce que j’ai vécu en son absence. Bien que rien d’extraordinaire ne devrait arriver à bord, peut-être jugera-t-il tout de même intéressant d’inclure mon récit à ses chroniques ?

Nous avons décidé de nous reposer à tour de rôle, de sorte que l’un d’entre nous soit toujours éveillé pour surveiller la mer. Mon compagnon a insisté pour que ce soit lui qui veille durant les heures sombres de la nuit. Cela part certainement d’un bon sentiment, mais je n’apprécie que moyennement la façon dont il essaye toujours de me ménager. Comme si je ne pouvais pas monter la garde dans l’obscurité ! Je n’ai pas voulu le contredire sur le moment mais, dans quelques jours, je lui proposerai d’alterner les rôles. En attendant que le soleil se couche, il est partit dormir et je me suis installée sur le pont. Tout en écrivant ces lignes, je vérifie régulièrement que rien ne trouble la quiétude de l’après-midi, mais nous n’avons pas vu la moindre terre depuis notre départ.

Ces réflexions sur le déroulement de la journée me font penser que le Haut-Rêvant ne connaît de nos contrées que la nuit ! Je suppose qu’au terme de son initiation, il contrôlera suffisamment le temps du rêve pour prolonger ses séjours parmi nous jusqu’au matin, et même au-delà. J’aurai tant aimé le rencontrer dans des circonstances plus sereines, qui m’auraient permis de lui faire apprécier les hautes-terres. Si j’en crois les hauts-rêvants avec lesquels j’ai discuté à la Croisée des mondes, nos contrées leurs semblent plus belles que n’importe quel paysage du monde de l’éveil. Hélas pour mon ami, il n’en a vu que les aspects les plus sombres… Comment pourrait-il imaginer à quoi ressemble le lever du soleil, observé depuis notre château ? Le domaine de ma mère ne doit évoquer pour lui qu’une sombre forêt inhospitalière, où errent des troupes de boggarts dans le froid mortel de la nuit…

Deux jours se sont écoulés depuis ma première note. Notre voyage se déroule sans le moindre incident, ce qui nous permet de nous détendre après l’épreuve de la ville. Tandis que nous attendions le Haut-Rêvant, nous vivions dans l’angoisse permanente de nous faire repérer par les patrouilles. Heureusement, tout s’est bien passé, et nous avons largement eu le temps de charger le navire en provisions et en eau potable. Mon compagnon était alors si nerveux que j’ai du mal à croire que c’est la même personne avec qui je navigue aujourd’hui. Je crois que le fait d’avoir vu ce dont le Haut-Rêvant était capable lui a redonné confiance, et qu’il croit désormais en nos chances de réussites. C’était un peu cruel de ma part de l’arracher à son existence paisible, mais je ne connaissais personne d’autre à qui j’aurai pu faire confiance dans cette ville. Il me semble qu’il a accepté de m’aider uniquement par amitié, mais qu’il est désormais persuadé de la justesse de notre combat. Il est clair que si notre adversaire a commencé à déployer ses troupes dans la ville, il ne va pas en rester là. La terreur qu’inspirent les boggarts empêchent les gens de s’organiser, et notre lutte doit hélas se faire dans l’ombre...

Ce soir, c’est moi qui prendrai le tour de garde. La monotonie de notre voyage a finalement réussi à convaincre mon compagnon que nous ne risquions pas grand chose. Je me demande ce que dira ma mère lorsqu’elle apprendra que j’ai ainsi navigué loin des côtes pendant plusieurs jours. Elle qui s’inquiète déjà à chaque fois que je m’absente du domaine ! Notre séparation m’inquiète, mais je suis certaine qu’elle va bien. Pour une raison que j’ignore, notre ennemi ne semble pas décidé à nous tuer. Je ne sais pas dans quelle mesure il contrôle ses boggarts, car ceux-ci semblent étrangement plus violents que lui. Mais il ne faut pas que je me laisse abuser par ses manières. Ce n’est qu’un boucher, et les gnomes à son service ne sont sans doute que le reflet de son esprit malade. Si nos théories de l’autre jour s’avèrent exactes, ces créatures seraient donc d’anciens haut-rêvants. J’ai du mal à croire qu’il puisse en exister autant, et surtout qu’ils aient tous fait le choix d’entrer à son service. J’espère que notre prochaine victoire apportera des réponses à toutes ces énigmes.

La nuit est maintenant tombée, et je reprends la plume à la lueur d’une lanterne pour continuer mon récit. Notre navire continue à fendre les flots en ligne droite, guidé par la boussole. Si les estimations du peintre sont correctes, nous devrions en être à la moitié du parcours. Quelle chance qu’il ait également accepté de m’aider… Lorsque je suis allée le trouver, il m’a semblé tout d’abord tellement réticent ! On aurait dit qu’il cherchait à abréger la conversation et à me mettre dehors, alors que ma mère et lui ont pourtant toujours eu de bonnes relations. Il devait tout simplement craindre pour son domaine s’il affichait ouvertement son soutien. Mais j’ai finalement dû réussir à le convaincre, car il a finalement changé d’attitude à mon égard. Je dois avouer que sans lui, nous n’aurions pas progressé de la sorte. Son plan était vraiment bien trouvé, et ses croquis nous ont tellement aidés ! Avant son engagement, je le prenais pour un vaniteux, uniquement intéressé par ses œuvres d’art et son domaine. Dire qu’il a même souhaité apporter en personne le coffret au Haut-Rêvant... C’est finalement quelqu’un de très courageux pour avoir choisi d’apporter son aide à un autre gardien. Je lui en serai toujours reconnaissante, et je me demande comment je pourrai le remercier, une fois que tout cela sera terminé…

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Publié dans Chroniques

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D
GÜ ? Pourquoi est-ce que les apostrophes font trois "slashs" soudain ?? petit test : '
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W
- DDC : Au secours, il y a un virus dans ton clavier ;-)
D
Avec d\\\'avord un bon coup de pied au c.. parce qu\\\'il faut bien se défouler aussi !!! :)
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W
- DDC : Héhéhé, je ne sais pas ce que ça donnerait d'essayer de botter l'arrière-train d'un gardien, mais l'idée me semble drôle :-)
T
Quelle bonne idée de passer du point de vue de Gwennen, ça va nous changer et nous permettre de découvrir plein de choses d'un autre oeil!
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W
- Tortoise : Content de savoir que ce changement te plaise à toi aussi :-)
D
Des remerciements en bonne et due forme, qu'il mérite !!!!
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W
- DDC : Quel genre de remerciement lui réserverais-tu ? Le livrer à des chats furieux ? ;-)
M
hum !!hum !
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W
- Mae : Oui ?