Les pauvres tics des réalisateurs
Comme convenu, voici ma troisième et dernière note sur le sujet. Cette fois-ci, je vais vous parler des plans communs à de nombreux films. En gros, je souhaite vous faire partager mon agacement devant la façon si peu inventive dont les réalisateurs filment des scènes « classiques » (j’entend par là qu’on les a déjà vues dans d’autres films auparavant, et qu’on les verras hélas encore)… Toujours quatre exemples, ne me demandez pas pourquoi, peut-être parce que moi aussi je me contente de recycler la structure de mes notes précédentes ;-)
Les voitures : Le plan des voitures, c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de le remarquer dans les films. Je vous l’explique : lorsqu’un nouveau personnage va être introduit dans l’histoire, et qu’il arrive en voiture, la façon dont la scène sera filmée est quasiment tout le temps la même. La caméra va faire un mouvement circulaire pour suivre l’arrivée de la voiture, et va s’immobiliser au raz du sol. La portière va s’ouvrir, et on va voir le pied du personnage se poser sur le sol. Puis la caméra va remonter le long de sa jambe et de tout son corps jusqu’à enfin nous dévoiler son visage. Si vous n’y avez jamais prêté attention, tâchez de remarquer ce plan dans les prochains films que vous verrez. C’est à croire que les réalisateurs ont une amende s’ils filment différemment un nouveau personnage sortant d’une voiture !
Les explosions : Dans les films d’action, il y a souvent des explosions, vous en conviendrez. Le souci est que beaucoup de choses qui ne devraient pas exploser… explosent quand même. Les voitures tout d’abord, au moindre choc, comme si elles étaient de vraies bombes ambulantes. Mais aussi les cabanes en bois dans laquelle s’encastrent les voitures précitées (qu’y a-t-il dans ces cabanes, des explosifs ?). Mais le pire du pire, ce sont les bidons. Les bidons, il y en a plein dans les films, qu’ils soient isolés ou empilés en petites pyramides, aux abords des entrepôts. Et ils explosent tous en s’envolant droit dans les airs, tels des feux d’artifices, woooosshhh ! Non mais, est-ce qu’on pourrait un jour arrêter de mettre des bidons aérodynamiques et inflammables dans les films d’action ???
Les cartons : Autant les bidons sont des objets très dangereux, autant les cartons sont les amis des héros. Vous n’avez pas remarqué que lorsqu’un personnage fait un vol plané, il atterrit souvent sur un tas de cartons ? Ces cartons, bien que vides, sont quand même montés et entreposés en plusieurs épaisseurs dans des bennes ou dans des ruelles. Personnellement, si je dois garder des cartons vides, je les mets à plat d’abord… Bon, je veux bien comprendre que le fait de retomber sur des cartons, c’est un truc de cascadeur. Mais pourquoi les filmer dans ce cas ? C’est aussi crédible que s’il y avait un gros matelas gonflable sur le trottoir, en dessous d’une fenêtre, prêt à recevoir les défenestrés en tout genre !
Les bougies : Je termine cette dernière série d’exemples avec les bougies. Ces accessoires d’éclairages, très cinématographiques au demeurant, sont généralement utilisés dans deux cas bien précis : Soit pour créer une scène romantique et calme (ambiance décorative pour un dîner en amoureux, ou reposante pour prendre un bain), soit pour filer les jetons (messe noire, repaire du méchant). Le problème, dans le premier cas, est qu’elles sont souvent excessivement nombreuses. Je comprends le concept du dîner aux chandelles, mais vous connaissez beaucoup de monde, vous, qui dispose des centaines de bougies allumées partout dans sa maison pour créer une ambiance romantique ? C’est super dangereux et pyromane comme attitude oui ! Quant à celles qui font peur, dans l’antre du méchant, elles posent fréquemment le même problème que celui des chats vivants derrières des portes (voire ma note précédente). Qui les a allumées, forcément peu de temps avant l’arrivée des héros (car une bougie a une durée de vie limitée), avant de refermer la porte de la crypte, de remettre en place la poussière et les toiles d’araignée ? Sûrement un réalisateur peu regardant sur le réalisme de ses plans…
Et voilà, ainsi s’achève ma série d’articles sur les « pauvres tics » des professionnels du cinéma. Avez-vous reconnu des exemples que vous aviez vous aussi remarqués avant que j’en parle ? Dans le cas contraire, j’espère que vous ne ferez pas une fixette dessus, et que cela ne gâchera pas votre plaisir de spectateur dans l’avenir. Je vous remercie de votre attention, ainsi que de vos commentaires, passés ou à venir !